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Le Philosophe scythe

Issue du livre XII des Fables de Jean de La Fontaine, celle-ci, " Le Philosophe scythe " nous présente un philosophe assez austère qui veut quelques peu changer sa vie et se mettre à voyager ..
Présente déjà de nombreuses fois au BAC de Français cette fable reste cependant peu connue. On en trouve un peu partout ce genre de description / résumé :
" Un philosophe austère, et né dans la Scythie, Se proposant de suivre une plus douce vie, Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux Un Sage assez semblable au vieillard de Virgile, Homme égalant les Rois, homme approchant des Dieux ... "
Le Philosophe scythe
Le Philosophe scythe : Jean de La Fontaine .
Cette fable de Jean de La Fontaine est la 20ème fable du livre XII parue en 1693. La Fontaine admirateur de l'Antiquité s'est inspiré de l'écrivain Aulu Gelle pour la composer.
En voici le texte:

Le Philosophe scythe.

Un Philosophe austère, et né dans la Scythie,

Se proposant de suivre une plus douce vie,
Voyagea chez les Grecs, et vit en certains lieux
Un Sage assez semblable au vieillard de Virgile,
Homme égalant les Rois, homme approchant des Dieux,
Et, comme ces derniers satisfait et tranquille.

Son bonheur consistait aux beautés d’un jardin.
Le Scythe l’y trouva qui, la serpe à la main,
De ses arbres à fruit retranchait l’inutile,
Ébranchait, émondait, ôtait ceci, cela,
Corrigeant partout la Nature,
Excessive à payer ses soins avec usure.
Le Scythe alors lui demanda :
Pourquoi cette ruine. Était-il d’homme sage
De mutiler ainsi ces pauvres habitants ?
" Quittez-moi votre serpe, instrument de dommage ;
Laissez agir la faux du Temps :
Ils iront assez tôt border le noir rivage.
– J’ôte le superflu, dit l’autre ; et l’abattant,
Le reste en profite d’autant. "
Le Scythe, retourné dans sa triste demeure,
Prend la serpe à son tour, coupe et taille à toute heure ;
Conseille à ses voisins, prescrit à ses amis
Un universel abatis.
Il ôte de chez lui les branches les plus belles,
Il tronque son verger contre toute raison,
Sans observer temps ni saison,
Lunes ni vieilles ni nouvelles.
Tout languit et tout meurt. Ce Scythe exprime bien
Un indiscret stoïcien :
Celui-ci retranche de l’âme
Désirs et passions, le bon et le mauvais,
Jusqu’aux plus innocents souhaits.
Contre de telles gens, quant à moi, je réclame.
Ils ôtent à nos cœurs le principal ressort ;
Ils font cesser de vivre avant que l’on soit mort.

....

La Morale ou début de commentaire de cette Fable.

Le philosophe Scythe est un récit allégorique où 2 conceptions de la vie et du bonheur s'affontent. L'Homme est libre de son choix mais La Fontaine oriente son lecteur vers le choix de la morale épicurienne humaine et plaisante, préférable à l'intransigence morbide des stoïciens. C'est un art de vivre agréable, fondé sur le désir tel que le préconise Molière.
La narration entrecoupée de dialogues permet une mise en scène elle-même violente, comparable à un passage de comédie. Les personnages et leur contexte, l'intemporalité, attirent l'attention sur une interprétation qui donne à choisir entre deux manières de vivre.

( pour faire ' court ' ... :) )


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