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  • Thursday 09 July 2026 - 16:20
    from Silicon

    Une transformation discrète, s’opère dans les bureaux des députés et les couloirs de l’Assemblée nationale.

    Un rapport remis en mai 2026 par les députés Nicolas Bonnet et Denis Masséglia, co-rapporteurs du groupe de travail sur l’intelligence artificielle de l’Assemblée nationale révèle que l’IA générative s’est imposée à une vitesse qui prend de court l’institution elle-même.

    85,4 % des députés et collaborateurs ayant répondu au questionnaire diffusé en mars 2026 par le Collège des Questeurs déclarent utiliser des outils d’IA et 88 % d’entre eux le font de façon quotidienne ou hebdomadaire.

    Reformulation de mails et courriers, synthèse documentaire ainsi que les recherches sont les trois usages plébiscités, loin devant l’aide à la création de contenus ou la gestion d’agenda.

    Sans surprise, ChatGPT domine très largement le marché, cité par 63 % des utilisateurs.

    Mais le rapport souligne un fait notable : Le Chat, le chatbot de Mistral AI, se hisse en seconde position (18 %), devant Gemini de Google (15 %) et Claude d’Anthropic (12 %).

    Selon les rapporteurs, le choix de l’outil  » made in France » est moins motivé par la performance que par des considérations de souveraineté numérique.

    Un usage déjà massif, une institution qui court derrière

    Cette adoption fulgurante s’est faite sans attendre le feu vert de l’institution. 61 % des utilisateurs se servent d’outils gratuits, sans abonnement, souvent depuis leur ordinateur personnel. Un usage largement spontané, presque sauvage, que l’Assemblée découvre a posteriori.

    D’une manière générale, 44 % des répondants placent la protection des données en tête de leurs préoccupations, devant la fiabilité des réponses et le risque d’hallucinations (36 %).

    Le rapport documente une pratique jugée à haut risque. Certains collaborateurs redirigent leurs messageries professionnelles vers des services extérieurs pour profiter d’analyses par IA.

    Une fuite de données personnelles et institutionnelles hors du contrôle de l’Assemblée, que le document qualifie de risque de sécurité grave.

    Le paradoxe est assumé par les intéressés eux-mêmes. Un collaborateur interrogé reconnaît que la confidentialité reste largement théorique une fois le travail lancé, l’efficacité prenant alors le dessus. Un autre va plus loin : si le choix devait se faire entre performance et sécurité, ce serait la performance qui l’emporterait.

    RAG et LLM souverains

    Côté administration, l’Assemblée a lancé dès 2023 ses premiers chantiers avec deux priorités validées par la présidente : la transcription automatique des débats en commission et l’aide au traitement des amendements.

    L’outil maison Vox-IA, opérationnel depuis septembre 2025, permet déjà de synchroniser texte et audio en temps réel pour les rédacteurs de comptes rendus. Un autre système traite désormais 60 amendements à la minute pour en produire une synthèse en une phrase.
    Un secours technologique bienvenu quand on sait que les amendements déposés en séance sont passés de quelques milliers par législature à plus de 83 000 sous la précédente.

    Mais le rapport est aussi lucide sur les limites du tout-IA institutionnel. Une expérimentation de système de recherche augmentée (RAG) menée avec une entreprise française pendant trois mois en 2025 s’est soldée par un échec. L’outil ne parvenait pas à analyser plus de cinq à dix documents à la fois, rendant tout déploiement à grande échelle hors de prix.

    Le dilemme entre souveraineté et efficacité

    Tout le rapport tourne autour d’une même tension, résumée par un collaborateur interrogé : les infrastructures américaines dominent le marché et échappent, par construction, au droit européen.

    Plusieurs voix plaident pour une migration vers Mistral, jugé plus fiable en matière de souveraineté, quitte à perdre en performance. D’autres jugent cette bascule illusoire tant que les alternatives françaises ne rivalisent pas avec les ténors américains.

    Les rapporteurs tranchent avec pragmatisme : pas question de faire développer un modèle d’IA propre à l’Assemblée, jugé hors de portée financièrement et techniquement. Ils recommandent plutôt de miser sur des modèles open source hébergés sur des serveurs sécurisés français, couplés à un travail fin sur les prompts plutôt que sur le ré-entraînement des modèles.

    Sur le terrain des ressources humaines, le rapport recueille des inquiétudes feutrées mais réelles. Il existe des craintes de perte de savoir-faire, de « fainéantise intellectuelle » et de dévalorisation des collaborateurs relégués au rang de relecteurs de copies produites par une machine.

    Les témoignages recueillis dessinent une administration qui veut croire à un redéploiement vers des tâches à plus forte valeur ajoutée, sans nier les risques de fracture entre initiés et non-initiés à l’IA.

    Ce que préconisent les rapporteurs

    Face à cette photographie contrastée, Nicolas Bonnet et Denis Masséglia formulent une série de recommandations :

    Accélérer la sécurisation des données internes pour offrir aux députés une alternative fiable aux outils grand public
    > Former systématiquement élus et collaborateurs, encadrer le risque de dépôt massif d’amendements généré par l’IA
    > Mettre en place un suivi annuel des usages pour ne pas se laisser distancer par une technologie dont l’évolution reste largement imprévisible.

    Un début de réponse a déjà été apporté avec la charte d’utilisation des systèmes d’IA, diffusée en octobre 2025 auprès de l’ensemble du personnel. Elle autorise le recours à l’IA pour les données publiques mais le proscrit strictement pour les données internes, sauf outil validé par la direction des systèmes d’information.

    Reste une question que le rapport laisse en suspens : combien coûtera, en euros et en électricité, la mise à niveau numérique du Palais Bourbon ?

    Le déploiement d’un modèle de langage sécurisé pour l’ensemble des utilisateurs de l’Assemblée est déjà chiffré à environ 150 000 € par an d’hébergement, sans compter le recrutement de personnel dédié.

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  • Thursday 09 July 2026 - 12:23
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    La ville de Gentilly (Val de Marne – 94) s’appuyait depuis longtemps sur un environnement construit autour des outils Microsoft, aussi bien pour la bureautique que pour l’intranet, sous SharePoint.

    Dès 2020, la collectivité entame une réflexion sur la réduction de sa dépendance aux solutions extra-européennes. Le chantier avance progressivement, au rythme d’un inventaire des outils et applications utilisés par les services.

    « Nous avons progressivement engagé une réflexion globale sur notre système d’information afin de privilégier des solutions que nous maîtrisons davantage et qui répondent mieux à nos enjeux de souveraineté », indique Dominique Joseph-Eugène, DSI de la Ville de Gentilly.

    Une cyberattaque comme point de bascule

    En 2025, une cyberattaque touche une partie du système d’information de la collectivité et le paralyse pendant plusieurs mois. L’incident pousse la Ville à relancer et accélérer plusieurs chantiers déjà engagés, dont celui des outils collaboratifs.

    « Cet épisode a été un véritable électrochoc. Il nous a obligés à remettre à plat notre environnement numérique et à accélérer certaines transformations déjà engagées », ajoute Dominique Joseph-Eugène.

    Remplacer SharePoint

    La collectivité choisit de remplacer son intranet SharePoint par Jamespot, une plateforme collaborative hébergée en France.

    Le projet, relancé après la cyberattaque, est mis en service fin 2025. Il fait passer l’intranet d’un fonctionnement essentiellement descendant à un espace intégrant une dimension de réseau social d’entreprise, où les agents peuvent commenter et partager l’information, en plus d’y accéder.

    « Nous sommes passés d’un intranet essentiellement descendant à une véritable plateforme collaborative. L’information circule mieux, mais surtout, les agents peuvent désormais participer et contribuer. Cela change profondément la manière de travailler », souligne Axel Burklé, chargé de communication interne.

    Un projet parti des besoins du terrain

    Avant de choisir un outil, la ville de 19 000 habitants a mené un diagnostic auprès de ses équipes pour identifier leurs besoins réels. Les demandes qui en sont ressorties portaient sur davantage d’échanges, des outils plus interactifs et une information moins descendante.

    « Le projet n’est pas parti d’un outil, mais d’un besoin. Les agents ont exprimé ce qui leur manquait au quotidien, et cela a fortement facilité l’adhésion », précise Axel Burklé.

    Environ 480 agents, soit près de 60 % des effectifs concernés, sont aujourd’hui connectés à la plateforme Jamespot. L’adoption reste progressive, en particulier du côté des agents de terrain, moins équipés en accès numériques que les postes administratifs.

    Une transition qui reste partielle

    Le remplacement de l’intranet s’inscrit dans une démarche plus large de reprise en main du système d’information. La collectivité dit privilégier désormais des solutions françaises ou européennes pour une partie croissante de ses outils, avec l’objectif de gagner en interopérabilité et de réduire sa dépendance à un écosystème unique.

    Certaines briques Microsoft restent toutefois encore en place, la bascule se faisant progressivement plutôt que d’un bloc.

    « La souveraineté est devenue un enjeu très concret pour les collectivités. Il ne s’agit plus seulement d’un principe, mais d’une réalité opérationnelle qui impacte directement notre architecture, nos choix technologiques et notre capacité à maîtriser nos données », conclut Dominique Joseph-Eugène.

    Photo : © DR

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  • Thursday 09 July 2026 - 12:06
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    Leanstral 1.5, puis Robostral Navigate : à quelques jours d’intervalle, Mistral AI a présenté deux modèles qui utilisent CISPO.

    Cet algorithme d’apprentissage par renforcement a été proposé en 2025 par les créateurs du modèle MiniMax-M1. Il s’inscrit dans la lignée de la méthode GRPO, qu’on doit à DeepSeek.

    GRPO (Group Relative Policy Optimization) n’implique pas de réseau de neurones distinct pour le calcul des récompenses. Pour chaque prompt, il produit plusieurs réponses et utilise leur moyenne comme référence, à renfort de fonctions programmables. Pour éviter les mises à jour de paramètres instables, il écrête les gradients des tokens.

    Cet écrêtage pose un problème sur les chaînes de raisonnement longues : il éjecte des tokens à la probabilité faible, mais critiques. En l’occurrence, ceux dits « réflexifs » (However, Recheck, Wait, Aha), qui favorisent la correction des erreurs.

    Plutôt que les gradients, CISPO (Clipped Importance Sampling Policy Optimization) écrête les poids d’échantillonnage préférentiel. L’ensemble des tokens sont ainsi exploités.

    Vérification formelle et robotique

    CISPO a servi à affiner Leanstral 1.5. Ce MoE (6 milliards de paramètres actifs sur 119 milliards) sous licence Apache 2.0 dérive de Mistral Small 4. Il a des propriétés de vérification programmatique reposant sur le langage Lean. Cela lui permet notamment de prouver mathématiquement l’exactitude du code qu’il produit.

    On trouve aussi du CISPO dans Robostral Navigate. Il s’agit d’un modèle 8B de navigation embarquée. Il est conçu pour fonctionner avec une seule caméra RGB (pas de lidars, de capteurs de profondeur, etc.). Mistral AI vante sa capacité à généraliser entre types de robots.

    Robostral Navigate utilise une navigation par « pointage » : étant donne une tâche et un historique d’observations, il infère les coordonnées de l’emplacement cible dans son champ de vision et détermine son orientation à l’arrivée. Lorsque la cible n’est pas dans le champ de vision, le modèle repasse sur un système de coordonnées locales, plus sensibles aux variations intrinsèques à la caméra.

    L’usage de CISPO a accru de 3,2 % le taux de réussite, affirme Mistral AI, sans préciser à quel résultat il se réfère. Potentiellement à celui qu’il met le plus en avant : 76,6 % R2R-CE (Room-to-Room in Continuous Environments) avec la portion du dataset de validation jamais vue auparavant par le modèle.

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  • Thursday 09 July 2026 - 09:08
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    Sur les appareils Windows gérés, la sauvegarde des paramètres dans le cloud public sera bientôt activée par défaut. Mais pas au sein de l’Union européenne.

    Microsoft ne le cache pas : le DMA (législation sur les marchés numériques) l’oblige à faire cette exception, la fonctionnalité en question impliquant des données personnelles. Il avait déjà procédé ainsi pour une autre sauvegarde : celle des principaux dossiers Windows – Documents, Images, Bureau… – vers OneDrive.

    sauvegarde OneDrive

    La sauvegarde possible sur Windows 10 ; la restauration uniquement sur Windows 11

    La sauvegarde des paramètres Windows sur les appareils gérés est disponible depuis août 2025. Elle englobe l’essentiel des préférences (son, connexions Wi-Fi et Bluetooth, disposition en multi-écran, menu Démarrer…) ainsi que les applications du Microsoft Store. L’ensemble est conservé dans le locataire Microsoft 365 de l’organisation.

    sauvegarde Windows

    Le passage au régime « par défaut » (hors UE, donc) se fera avec Windows 11 26H2. Une mise à jour de fonctionnalités l’enclenchera aussi sur Windows 11 26H1. Il s’appliquera à la sauvegarde ; pas à la restauration. Et sur les appareils où une politique a déjà été définie, celle-ci continuera à s’appliquer.

    Les backups automatiques se font tous les 8 jours. On peut les activer à partir de Windows 10/11 22H2 Enterprise, Éducation et Pro avec jonction Entra cloud ou hybride*.
    Il y a deux points de restauration possibles : la configuration initiale (à partir de Windows 11 22H2 sur les appareils avec jonction Entra cloud) et la première connexion (à partir de Windows 11 24H2, en jonction cloud ou hybride).

    À consulter en complément :

    Face au coût de la RAM, Microsoft relance des Surface 8 Go
    Microsoft et le secteur public : les mille facettes d’un ancrage profond
    L’UE veut soumettre AWS et Azure au DMA : l’IA a pesé dans la décision
    Les Big Tech multiplient les recours contre le DMA
    Edge et les mots de passe : Microsoft exclut tout bug mais corrige quand même

    * Uniquement jonction cloud pour les appareils Windows Pro.

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  • Wednesday 08 July 2026 - 13:03
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    « Vers un formulaire commun de déclaration ACPR/AMF + ANSSI + CNIL ? [..] Les entreprises l’attendent. »

    Le député Philippe Latombe a récemment interpellé, en ces mots, le directeur général de l’ANSSI Vincent Strubel.

    L’intéressé a répondu se méfier des guichets ou formulaires uniques, qui « peuvent rapidement servir de cache-misère ». Si le droit européen crée des injonctions contradictoires, il faut l’harmoniser plutôt que de se reposer sur de la « tuyauterie administrative ».

    Un formulaire commun DORA / NIS 2 est toutefois prévu. D’après Vincent Strubel, deux cadres sont suffisamment compatibles. De sorte qu’un document unique ne nuira pas à la « célérité nécessaire pour saisir les ‘cyberpompiers’ avant qu’il ne soit trop tard ».

    L’articulation avec le RGPD est plus délicate, explique le DG de l’ANSSI. Qu’il s’agisse des délais, de l’analyse d’impact ou de la cinématique de notification, les exigences sont suffisamment différentes pour qu’une « fusion brutale » des guichets et formulaires « place les entreprises dans une situation impossible, en les obligeant à satisfaire dans une même notification plusieurs injonctions contradictoires ».

    La cyber offensive, récemment entérinée par l’État

    Toile de fond à cet échange : un accord entre l’ANSSI, la Banque de France et l’ACPR (institution intégrée à cette dernière). Il prévoit un renforcement de leur coopération SSI autour de quatre axes… dont les « tests d’intrusion avancés ».

    Cette orientation fait écho aux propos récents de Sébastien Lecornu. En visite à l’ANTS, piratée mi-avril, le Premier ministre avait déclaré avoir appelé les services de l’État à tester leurs vulnérabilités. À cette même occasion, il avait évoqué un projet de fusion entre la DINUM et la DITP.

    L’ANSSI et l’ACPR avaient déjà signé un accord du genre, en 2018. Elles n’en avaient pas détaillé les axes, expliquant simplement prévoir un « échange régulier d’informations ».

    À consulter en complément :

    Les régulateurs somment les banques de se barricader face à l’IA
    NIS 2 en suspens : les RSSI attendent, le marché aussi
    Bercy crée une Direction de l’IA et du numérique
    L’AI Act doit-il être l’affaire des DPO ?
    Souveraineté numérique : et si on recentrait le concept ?

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  • Tuesday 07 July 2026 - 16:28
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    Chez les DPO, il y a ceux qui perçoivent la conformité à l’AI Act comme un « prolongement naturel » de leurs missions. Et ceux qui estiment qu’elle ne relève pas de leur périmètre.

    De ces deux orientations, aucune « n’apparaît s’imposer avec la force de l’évidence », pour reprendre les propos de la CNIL. La dernière vague de l’observatoire du métier des DPO* en témoigne… dans une certaine mesure. Ils sont 2390 à avoir répondu à l’enquête (1896 internes, 234 mutualisés, 260 externes). 55 % ont déjà l’AI Act dans leur périmètre de responsabilité et 71 % souhaitent que leur fonction l’englobe.

    Le DPO, pas mentionné dans l’AI Act

    En novembre 2025, au lancement de l’enquête, la CNIL avait rappelé l’obligation d’impliquer les DPO sur les traitements de données mis en œuvre par l’IA. Cela ne suppose toutefois pas forcément d’en faire les chefs de file sur la conformité à l’AI Act, avait-elle précisé. D’autant que le règlement ne mentionne pas explicitement les DPO.

    La Commission avait ajouté que l’application de l’AI Act nécessiterait la mobilisation de compétences qui « ne sont pas nécessairement celles attendues du DPO ». Elle avait néanmoins appelé à une « mobilisation judicieuse » de leur expertise RGPD, vu les similarités entre les deux règlements (approche par les risques, principe de responsabilité, exigence de documentation et de transparence, etc.).

    Principal défi : identifier le niveau de risque

    Un élément ne plaide pas en faveur de la prise en charge de l’AI Act par les DPO : la charge de travail que représente déjà le RGPD. Y compris appliqué aux systèmes d’IA. Principaux défis en la matière :

    • Garantir la minimisation des données (57 % des DPO ont sélectionné cette option)
    • Gérer le cycle de vie des données (54 %)
    • Assurer la transparence et l’explicabilité des décisions algorithmiques (53 %)
    • Sécuriser les données et les modèles d’IA (51 %)
    • Respecter le principe de la limitation des finalités (47 %)
    • Gérer les droits des personnes concernées (46 %)
    • Réaliser les études d’impact sur la protection des données personnelles (AIPD ; 45 %)

    L’AI Act engendre d’autres défis :

    • Identifier le niveau de risque des systèmes d’IA (62 %)
    • Documenter et obtenir de la documentation auprès des prestataires (53 %)
    • Assurer l’articulation entre AIPD et AIPF (analyses d’impact sur la protection des droits fondamentaux ; 41 %)
    • Détecter, prévenir et corriger les biais (40 %)
    • Assurer la fiabilité des prédictions/décisions et des données produites (39 %)
    • Assurer l’explicabilité des systèmes d’IA (38 %)

    Peu de politiques IA formalisées jusque-là

    Selon les DPO, parmi les structures qui utilisent des systèmes d’IA ou qui le prévoient, 6 % sont bien préparées à l’application de l’AI Act. Elles sont 25 % en phase de préparation (analyse des impacts en cours). 28 % sont « conscientes des enjeux » mais n’ont pas lancé d’actions concrètes. 27 % se disent peu ou pas informées. 10 % se déclarent non concernées (pas d’utilisation d’IA à risque).

    Environ une sur cinq (19 %) a une stratégie ou une politique formelle pour l’IA. 46 % en ont une en cours de préparation (50 % dans les structures de plus de 1000 salariés ; 36 % dans celles de moins de 50).

    Lorsqu’une stratégie existe ou est en préparation, les DPO font partie des principaux responsables de la gouvernance dans 39 % des cas (44 % pour les DSI/CTO). Ils sont plus nombreux (66 %) à participer régulièrement aux comités d’éthique – ou autres organes similaires dédiés à l’IA -… lorsque ces derniers existent (20 % des cas).

    Une opportunité d’évolution, mais une nette charge de travail

    42 % des DPO se disent impliqués tout au long des projets d’IA. Détail phase par phase :

    • 24 % sur l’idéation/conception initiale
    • 9 % sur le développement/entraînement des modèles
    • 14 % dans les tests/validations
    • 26 % avant le déploiement en production
    • 18 % pendant l’exploitation

    Les DPO estiment que l’accompagnement de ces projets rend leur rôle plus stratégique (27 %), mais aussi plus complexe et technique (58 %). Si c’est une opportunité d’évolution (37 %), c’est aussi une nette augmentation de la charge de travail (33 %).

    Au moment de répondre à l’enquête (novembre 2025), peu avaient suivi une formation spécifique à l’IA (15 %). Les deux tiers disaient manquer d’outils ou de méthodes adaptés pour évaluer la conformité à l’AI Act. Les priorités de formation vont à l’articulation avec le RGPD et aux méthodologies d’évaluation des risques spécifiques à l’IA.

    À consulter en complément :

    Comment interpréter les obligations de transparence de l’AI Act
    La CNIL joue les généalogistes des modèles d’IA
    REGALIA, une synthèse des enjeux de régulation des algorithmes
    Le projet PANAME teste sa bibliothèque d’audit de confidentialité des LLM
    L’omnibus numérique fait tiquer les CNIL européennes
    Face aux saisines, une société ne peut invoquer les droits RGPD de ses salariés

    * Étude de l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), pour la CNIL, le ministère du Travail et l’Association française des correspondants à la protection des données (AFCDP). Sauf si précisé, les taux annoncés sont rapportés aux structures qui utilisent de l’IA.

    Illustration générée par IA

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  • Tuesday 07 July 2026 - 15:04
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    C’est un véritable coup de semonce que viennent d’adresser les plus hautes instances de contrôle financier du Vieux Continent.

    Face à l’émergence fulgurante des modèles d’IA dits « frontières » (frontier AI), le ton n’est plus à la simple vigilance, mais à la mobilisation générale.

    Le constat est sans appel : ces technologies font peser un « risque systémique » inédit sur l’ensemble du système bancaire européen.

    Quatre mois pour s’armer

    Claudia Buch, la présidente du conseil de surveillance prudentielle de la Banque centrale européenne (BCE), a pris la plume ce mardi pour envoyer un courrier direct et pressant à 110 des principaux établissements de crédit de la zone euro.

    Le tempo imposé est d’une rareté absolue dans le calendrier feutré de la régulation bancaire.  Les banques ont jusqu’à la fin du mois d’octobre pour formaliser un « plan d’action complet » destiné à contrer les cybermenaces dopées à l’IA.

    Pour donner de l’air aux équipes techniques des banques face à ce sprint de quatre mois, la BCE a même consenti à un aménagement de calendrier, repoussant de septembre à février prochain l’envoi de son questionnaire annuel sur les risques informatiques.

    L’heure n’est plus à remplir des formulaires, mais à fortifier les défenses.

    Un changement de paradigme technique

    Qu’est-ce qui terrifie tant les autorités de contrôle ? Un rapport du Comité européen du risque systémique (CERS) publié le 7 juillet lève le voile sur l’ampleur du péril. L’institution a officiellement rehaussé son évaluation du risque cyber-systémique, le qualifiant désormais de « sévère », contre « élevé » auparavant.

    Le CERS évoque un véritable « changement de paradigme pour la cybersécurité ».

    Grâce à cette nouvelle génération d’IA, des pirates informatiques isolés ou des États hostiles peuvent désormais automatiser à un coût dérisoire des attaques d’une complexité absolue.

    Là où des ingénieurs devaient passer des semaines à chercher une faille de sécurité, les modèles d’IA « frontières » sont capables d’identifier et d’exploiter les vulnérabilités informatiques « à une vitesse, une échelle et un niveau de précision » sans précédent. Des faiblesses structurelles peuvent ainsi être militarisées et exploitées en « quelques minutes ou quelques heures ».

    Des banques aux pieds d’argile

    Face à cette guerre éclair algorithmique, les institutions financières traditionnelles souffrent d’un lourd handicap.

    Engluées dans des architectures informatiques vieillissantes (legacy IT systems), contraintes par des processus de mise à jour excessivement lents de la part de leurs fournisseurs de logiciels, et bridées par la lourdeur des processus réglementaires, les banques peinent à répliquer en temps réel.

    L’inquiétude traverse aussi la Manche. La Banque d’Angleterre a elle aussi tiré la sonnette d’alarme ce mardi, confirmant que les progrès fulgurants de l’IA augmentaient de manière critique les risques pesant sur la résilience opérationnelle des marchés mondiaux.

    Dans sa missive, Claudia Buch exige des mesures concrètes comme une allocation massive de ressources, une attribution de responsabilités claires au sein des états-majors et des calendriers stricts de déploiement.

    Mais le défi est aussi d’ordre externe. À court terme, si les banques devront prouver leur capacité à détecter et repousser des attaques de grande envergure, elles devront également s’assurer que leurs sous-traitants informatiques et fournisseurs de services Cloud soient au même niveau d’alerte.

    La BCE prévient déjà : des inspections sur place et des analyses approfondies seront menées au cas par cas pour vérifier la robustesse de ces plans de défense. Les banques européennes savent désormais à quoi s’en tenir : l’IA n’est plus seulement un sujet de gains de productivité pour leurs conseillers clientèle, c’est une menace immédiate pour leur survie informatique.

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  • Tuesday 07 July 2026 - 13:18
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    Interprétation de contexte de l’environnement cible en langage naturel, commentaires justifiant chaque action, diagnostic et correction d’erreurs à une vitesse impensable pour l’humain… Pas de doute, on a affaire à un « ransomware agentique ».

    Sysdig a tiré cette conclusion après avoir analysé une attaque à visée probablement destructrice. Il a d’abord affirmé qu’une IA avait piloté l’opération de bout en bout… avant de reconnaître qu’un humain avait tout de même défini les paramètres initiaux et provisionné l’infrastructure sous-jacente.

    Des secrets partout… et des authentifiants par défaut

    L’accès initial s’est fait via une instance Langflow exposée à Internet. Le vecteur : une RCE (CVE-2025-3248) dans l’endpoint de validation de code. Elle a permis de récolter des secrets à plusieurs niveaux. Notamment en extrayant la base de données de Langflow et en accédant à un bucket de configuration sur un magasin MinIO… configuré avec le port et les authentifiants par défaut.

    La véritable cible était un serveur de production hébergeant une instance de Nacos (Naming and Configuration Service), outil open source de découverte et de configuration de services made in Alibaba.

    Le mécanisme d’authentification de Nacos a déjà été maintes fois contourné. En particulier parce que la clé de signature JWT par défaut est documentée publiquement et encore présente sur beaucoup de déploiements.

    Un accès root venu d’on ne sait où

    La cyberattaque dont il est ici question a exploité cette vulnérabilité. Elle a aussi tiré parti d’un accès root à MySQL, grâce à des authentifiants root… dont Sysdig dit ne pas connaître l’origine. Cet accès a permis d’injecter une backdoor admin dans la base de données de Nacos. Et, au final, de chiffrer toutes les configurations de services via la fonction AES_ENCRYPT() de MySQL. D’abord au niveau des lignes, puis au niveau de schémas entiers. l’environnement de production s’est ainsi trouvé paralysé.

    La clé AES, générée aléatoirement, n’a jamais été stockée ou exfiltrée. N’étant apparue qu’une fois dans les logs, et l’agent ne disposant pas d’une mémoire à long terme, elle a été perdue, rendant le déchiffrement impossible. Ce qui n’a pas empêché le dépôt d’une note de rançon, avec une adresse Bitcoin.

    Des comportements dits typiquement agentiques

    Plusieurs observations accréditent la thèse d’une opération automatisée. L’une concerne la phase d’énumération. Ayant reçu du XML alors qu’il avait demandé du JSON, l’agent a adapté son parseur avant de renvoyer la requête.

    L’injection de la backdoor a aussi exposé un comportement typiquement agentique. La procédure consistait à générer un hash bcrypt, à injecter le compte puis à lui donner le rôle admin. La première tentative n’a pas fonctionné (échec du test de login). En à peine 30 secondes, une solution a été trouvée, sans intervention humaine : recréer le compte avec un hash correspondant à un mot de passe plus simple. Dans cet intervalle, il a fallu lire le message d’erreur login, identifier la cause racine (un problème de sous-processus), élaborer un script et le soumettre.

    Le même pattern s’est retrouvé au niveau de la destruction de la base de données. En raison d’une contrainte de clé étrangère, le premier DROP DATABASE avait échoué. La deuxième charge utile avait éliminé temporairement la vérification des clés étrangères.

    Sysdig perçoit deux autres signes d’attaque agentique. D’une part, la justification de presque chaque action par un commentaire, jusqu’à la logique de priorisation du chiffrement. De l’autre, l’écriture d’un marqueur d’achèvement typique des agents qui, ayant terminé une tâche, signalent qu’ils sont prêts à continuer.

    Autre indice potentiel : la capacité à exploiter du contexte que la cible présentait en langage naturel et que du pattern matching n’aurait possiblement pas suffi à interpréter. Ce comportement s’est retrouvé dans des sessions séparées de plusieurs semaines.

    Au cours de l’attaque, l’agent a accédé à des clés d’API OpenAI, Anthropic, Google et DeepSeek.

    La présence de secrets dans l’environnement Langflow a facilité les choses. Comme l’authentification par défaut sur Nacos, qui pouvait par ailleurs se connecter en root à la base de données.

    Illustration générée par IA

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  • Monday 06 July 2026 - 18:20
    from Silicon

    Vaut-il mieux être suiveur ou retardataire ?

    Dans le Magic Quadrant 2025 de la sauvegarde, Dell et Veeam avaient eu droit au premier qualificatif. Gartner estimait qu’ils avaient l’un et l’autre tendance à lancer des offres en réponse à des initiatives de concurrents. Cette année, pas d’étiquette « suiveur », mais un accent sur leurs retards respectifs dans la protection des applications cloud et des identités.

    11 fournisseurs, 6 « leaders »

    Dell et Veeam font tout de même partie des fournisseurs que le cabinet américain classe « leaders ». Ils l’étaient déjà l’an dernier. Même chose pour Cohesity, Commvault, Druva et Rubrik.

    D’une année à l’autre, les critères obligatoires pour figurer au Magic Quadrant de la sauvegarde ont peu évolué. Il s’agissait toujours de proposer, dans les grandes lignes :

    • Sauvegarde en environnement hybride, avec prise en charge d’au moins 2 IaaS et 2 SaaS majeurs
    • Intégration avec du stockage immuable
    • Détection basique de cyberattaques (post-sauvegarde)
    • Console de gestion centralisée

    Couvrir PaaS et systèmes IAM était facultatif. Comme l’automatisation à base d’IA. Il n’était pas non plus nécessaire, entre autres, d’avoir des fonctionnalités de sécurité « avancées » (MFA, RBAC, intégration SIEM/SOAR), de fournir une cleanroom ou d’orchestrer la restauration après sinistre.

    L’axe « exécution » du Magic Quadrant traduit la capacité des offreurs à répondre à la demande (expérience client, tarification, qualification des produits services…). La situation :

    Rang Fournisseur Évolution annuelle
    1 Veeam =
    2 Commvault =
    3 Cohesity + 1
    4 Rubrik – 1
    5 Druva + 1
    6 Huawei + 1
    7 Dell Technologies – 2
    8 IBM =
    9 HYCU =
    10 Arcserve =
    11 OpenText + 1

    Sur l’axe « vision », qui reflète les stratégies (innovation, modèle économique, déploiement géographique…) :

    Rang Fournisseur Évolution annuelle
    1 Rubrik =
    2 Commvault + 1
    3 Veeam + 1
    4 Cohesity – 2
    5 Druva =
    6 IBM =
    7 HYCU =
    8 Dell Technologies =
    9 Huawei =
    10 Arcserve =
    11 OpenText + 1

    Cohesity salué sur l’automatisation de la restauration…

    L’an dernier, Cohesity avait été salué pour l’acquisition de Veritas, qui avait élargi tant son portefeuille que sa couverture géographique. Gartner avait aussi apprécié ses services de réponse aux incidents.

    Cette année, Cohesity a un bon point pour sa brique RecoveryAgent, qui automatise l’orchestration de la restauration. Il en a un autre pour ses intégrations cyber, notamment avec Sophos et Google Threat Intelligence pour la détection de menaces. Autre point positif : la couverture fonctionnelle du plan de contrôle Helios (qui gère à la fois DataProtect et NetBackup), assortie d’un licensing flexible qui permet d’utiliser une seule des deux solutions.

    … mais pointé pour ses dépendances

    L’an dernier, Gartner avait soulevé le risque de ralentissement du delivery dans le contexte de la fusion avec Veritas. Il avait aussi souligné que Cohesity pratiquait des prix plus élevés que la moyenne lors des négociations initiales. Tout en pointant ses limites en matière de restauration des applications cloud (capture de l’IaC et des configs, entre autres)..

    Cette fois, Gartner pointe une protection SaaS limitée : pas de Dynamics 365, de Power Platform, d’Azure DevOps, de GitHub, ni d’Okta. Il évoque aussi la dépendance de Cohesity à des intégrations tierces, par exemple sur la découverte/classification de données (Cyera) et la restauration de forêts AD (Semperis). Attention également à la complexité potentielle de déploiement et d’intégration dans les environnements hybrides.

    L’assistance IA s’est diffusée chez Commvault…

    L’an dernier, Gartner avait distingué Commvault pour sa couverture exhaustive des workloads, cloud en particulier (IaaS & PaaS). Il avait aussi noté les apports, dans ce même domaine, de l’acquisition d’Appranix. Et mentionné les capacités de restauration de forêts AD.

    Cette année, l’un des bons points va à l’orchestration de la restauration, avec des cleanrooms à la demande sur AWS ou Azure. Un autre va à la fonciton Synthetic Recovery, qui construit un point de restauration « idéal » à partir de plusieurs sauvegardes. Gartner salue aussi l’extension des cas d’usage de l’assistant IA Arlie : identification des données potentiellement exposées, recommandations d’optimisation de configuration, aide à l’identification de points de restauration « propres », etc.

    … toutefois en retard sur la protection de Microsoft 365

    La configuration initiale est complexe et il peut être difficile de trouver la bonne documentation pour le dépannage, avait expliqué Gartner l’an dernier. Il avait aussi pointé le manque d’expertise au support et la transition non finalisée de Commvault Command Center vers une console Java.

    Cette année encore, vigilance sur le support, plus particulièrement de niveau 1. Des clients le jugent inégal, lent et trop procédurier pour les escalades. D’autres regrettent un licensing complexe qui exige de bien connaître les produits. Commvault est par ailleurs en retard sur les capacités natives de protection et de restauration des données Microsoft 365.

    Dell se distingue avec l’assistance IA sur site…

    L’an dernier, Dell avait eu un bon point pour l’intégration de son offre de sauvegarde avec le reste de son portefeuille (PowerStore, PowerMax et AI Factory notamment). Il en avait eu un autre pour sa brique MDR exploitant CrowdStrike Falcon.

    Le « bon point intégration » reste d’actualité, avec un exemple d’apport : la détection d’anomalies en temps « quasi réel » dans les snapshots PowerStore. Gartner y ajoute l’efficacité de la brique Cyber Recovery, qui valide les données en vue de leur récupération après cyberattaque. Il mentionne aussi la possibilité d’exploiter l’assistance IA sur site, avec une option bring your own LLM.

    … mais pas sur la découverte des données sensibles

    Attention à l’administration, qui peut s’avérer complexe, avait signalé Gartner l’an dernier. Il avait aussi souligné le retard de Dell sur la protection des applications cloud et sur la détection de données sensibles au sein des sauvegardes. Autre limite : la nécessité d’implémenter plusieurs offres (PowerProtect Cyber Recovery et CyberSense) pour bénéficier d’une cyberdétection exhaustive.

    Cette année encore, Gartner évoque le cas des données sensibles : PowerProtect Data Manager « manque d’insights » pour aider à les identifier et à optimiser les politiques de protection. Il mentionne également à nouveau la protection des applications cloud (retard sur la découverte des dépendances et l’identification des écarts de configurations). Il y ajoute la complexité potentielle du déploiement et de l’exploitation.

    Chez Druva, des choix d’architecture distinctifs…

    L’an dernier, Gartner avait salué la capacité de Druva à délivrer offres et intégrations (sauvegarde de VM EC2 sur Azure, backup sans agent pour Azure SQL, etc.). Il avait aussi apprécié l’assistance par IA (reporting, dépannage, analyses de sécurité) et la défense contre les ransomwares (service managé natif sans surcoût).

    Cette année encore, Druva se distingue sur le volet IA, avec des agents pour l’analyse forensique, le dépannage, la validation de la restauration et le résumé d’incidents techniques. Autre point distinctif : l’exploitation des métadonnées des backups au sein d’un graphe qui permet de contextualiser les restaurations. Gartner note aussi le recours à une architecture qui limite la surface d’attaque en isolant du réseau primaire les données des sauvegardes et les authentifiants.

    … mais les contraintes du modèle BaaS

    L’an dernier, Gartner avec pointé la dépendance de Druva à AWS pour sa couche de gestion et d’orchestration. Il avait aussi noté l’absence de sauvegarde de MongoDB et de Cassandra. Ainsi qu’une prise en charge de GCP pas au niveau des autres hyperscalers sur la partie PaaS.

    Cette année encore, Gartner mentionne les capacités limitées sur GCP – en ajoutant le IaaS. Il note que des agents et des workflows d’exportation sont nécessaires pour protéger des workloads comme GCE, Cloud SQL et BigQuery. Autres points faibles : un retard sur les autres fournisseurs pour la prise en charge de Kubernetes et les contraintes liées au BaaS, seule option de déploiement disponible (pas de possibilité d’apporter son propre stockage, par exemple).

    Rubrik, avancé sur la protection des identités…

    En 2025, Rubrik avait eu un bon point pour son RAG Annapurna. Il en avait aussi eu pour sa licence USL, disponible par utilisateur et transférable entre ses produits SaaS. Gartner avait également salué les possibilités en matière de cyberrésilience (protection des identités, détection d’anomalies, récupération en environnement hybride).

    Cette année, la protection des identités est à nouveau évoquée, pour son périmètre (AD, Entra ID, Okta) et sa couverture fonctionnelle. Rubrik se distingue aussi par sa capacité à maintenir une interface d’administration intuitive malgré l’extension de son offre. Il a par ailleurs su introduire du monitoring et du rollback agentiques.

    … plus que sur la restauration d’applications cloud

    L’an dernier, les limites sur le reporting avaient valu un mauvais point à Rubrik. Comme l’absence de restauration entre hyperviseurs et la présence géographique limitée hors Amérique Nord et EMEA.

    Cette fois, Gartner souligne l’absence de cleanroom native. Il pointe aussi les limites de l’offre BaaS (qui exige une infra gérée par le client pour fonctionner sur AWS et Azure). Et celles de la restauration d’applications cloud (pas d’orchestration native, ce qui impose de gérer les composants IaC séparément des sauvegardes).

    Bon point pour l’appliance Linux de Veeam…

    Salué l’an dernier pour sa présence sur ce marché (niveau d’adoption de ses solution et réseau de partenaires), Veeam avait aussi eu droit à un bon point sur le volet cyberrésilience (scan inline à base d’IA, programme de support Cyber Secure…). Gartner avait également apprécié la « versatilité » de la restauration (entre hyperviseurs, et directement vers AWS / Azure / GCP depuis des infras sur site).

    Cette année, est mise en avant la Veeam Backup Appliance, qui offre une alternative préconfigurée, plus simple à gérer… et indépendante de Windows. Autre point fort : les services de réponse aux incidents (24/7, avec SLA de 15 minutes). Gartner ajoute l’acquisition de Securiti AI, qui apporte une gestion de la posture de sécurité des données.

    … mais pas pour la couverture SaaS

    Au-delà d’attribuer à Veeam l’étiquette de « suiveur », Gartner avait, l’an dernier, noté le périmètre limitée de la protection SaaS hors Microsoft 365 et Salesforce. Il avait aussi souligné la dépendance à Microsoft (déploiement de Veeam Data Cloud dans Azure) et le manque de flexibilité pour stocker les sauvegardes chez d’autres clouders.

    La critique de la couverture SaaS vaut toujours (pas de Dynamics 365, de Power Apps, d’Azure DevOps, de Jira, de Google Workspace…). Gartner y ajoute un retard sur la protection des identifiés (pas de gestion d’Okta ni de la restauration des forêts AD) et l’absence d’une console de gestion unifiée (Veeam Data Plaform vs Veeam Data Cloud).

    Illustration générée par IA

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  • Monday 06 July 2026 - 16:18
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    C’est une offensive estivale qui ressemble fort à un aveu d’urgence. À quelques jours d’intervalle, les deux leaders  du cloud mondial ont sorti l’artillerie lourde.
    Amazon Web Services (AWS) a dégainé le premier en annonçant un investissement de 1 milliard $ pour créer sa division AWS Forward Deployed Engineering (FDE).

    La riposte de Microsoft ne s’est pas fait attendre en conscrant 2,5 milliards $ pour lancer sa  force de frappe opérationnelle baptisée Microsoft Frontier Company, forte de 6 000 experts.

    Leur mission est la même : envoyer leurs meilleurs ingénieurs, concepteurs de modèles et experts en sécurité s’installer physiquement dans les bureaux de leurs clients finaux (Unilever, le London Stock Exchange, la NFL, la NBA ou Southwest Airlines) pour co-développer des systèmes d’IA de bout en bout.

    Ce virage à 180 degrés s’explique par une pression devenue insoutenable à Wall Street. Malgré une croissance robuste de son activité Azure, l’action Microsoft a subi d’importantes corrections. Les investisseurs exigent des preuves concrètes de rentabilité face aux dizaines de milliards de dollars engloutis chaque trimestre dans la construction de data centers.

    Or, le constat sur le terrain est signifiant. Si les grands groupes ont massivement testé l’IA, le passage à l’échelle industrielle s’avère être un gouffre de complexité.

    Problèmes de gouvernance des données, manque de compétences internes, sécurité défaillante… les projets s’enlisent et les abonnements tardent à générer la valeur promise.

    Le syndrome Palantir

    Pour débloquer la situation, Microsoft et AWS ressuscitent une stratégie éprouvée il y a plus de dix ans par un autre acteur iconique de la tech américaine : Palantir.

    Le spécialiste de l’analyse de données s’est imposé auprès des gouvernements et des multinationales en envoyant ses propres « Forward Deployed Engineers » configurer ses logiciels directement chez les clients.

    En reprenant ce modèle, AWS et Microsoft cherchent à éliminer toute friction. AWS promet ainsi de compresser les calendriers de déploiement de l’IA « agentique » de plusieurs mois à seulement quelques jours, tout en garantissant l’indépendance future du client à l’issue de la mission.

    En maîtrisant directement l’intégration logicielle, les hyperscalers s’assurent que les solutions d’IA développées seront intrinsèquement liées à leurs infrastructures respectives. Une manière de capturer le client pour la prochaine décennie. La bataille de l’IA ne se joue pas uniquement dans les laboratoires de recherche mais aussi bien dans les bureaux des directeurs financiers.

    Sur le marché français, on apprend via l’Informé que OpenAI a ouvert à Paris un bureau de son activité d’intégrateur baptisée Deployment Company ou DeployCo.

    Annoncée en mai dernier, la nouvelle structure est dotée de 4 milliards $ et compte un
    consortium de 19 sociétés d’investissement, de cabinets de conseil et d’intégrateurs systèmes à son capital. Parmi eux, on trouve trois mastodontes du conseil : Bain & Company, Capgemini et McKinsey. OpenAI conserve la majorité.

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