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  • Friday 17 July 2026 - 17:32
    from Silicon

    2 800 milliards de paramètres, un million de tokens de contexte et des développeurs qui, en aveugle, le préfèrent à Fable 5 ou GPT-5.6 Sol pour coder…En plein été, Kimi K3 affole les compteurs.

    Son lancement intervient d’ailleurs au moment de l’ouverture det la World Artificial Intelligence Conference 2026 de Shanghai (17 au 20 juillet) où le président chinois Xi Jinping doit présenter les priorités de Pékin en matière d’IA. Un calendrier parfait dans « la guerre de l’IA » qui se joue entre la Chine et les Etats-Unis.

    Derrière les modèles qui inquiètent la Silicon Valley, la Masion Blanche et Wall Street, on Moonshot AI, un laboratoire de recherche basé à Pékin qui évolue dans l’écosystème chinois de l’IA aux côtés de son rival domestique DeepSeek qui prépare lui aussi la sortie d’un modèle actualisé.

    Son émergence sur la scène internationale s’est accélérée le 27 janvier 2026, lorsque le laboratoire a publié un nouveau modèle accompagné d’un rapport technique et d’une série de benchmarks qui ont marqué les esprits. En seulement 20 jours, le chiffre d’affaires mensuel généré par Kimi K2.5 dépassait celui de toute l’année 2025, avant que les revenus ne continuent de doubler chaque mois.

    Kimi : des modèles open-weight très perfomants

    Moonshot AI construit sa réputation sur des modèles ouverts (open-weight). Le modèle K2.5, sorti en janvier 2026, s’est imposé en tête des classements mondiaux en programmation et en raisonnement agentique. Il a ensuite été suivi par K2.6, dont le coût d’utilisation représente environ un tiers de celui d’Opus 4.8 d’Anthropic.

    Le dernier-né, Kimi K3, franchit une étape supplémentaire avec 2 800 milliards de paramètres selon Moonshot et une fourchette de 2 000 à 3 000 milliards selon des sources industrielles. Il dispose d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens et traite aussi bien du texte que des images.

    Sur le plan des performances, des tests à l’aveugle menés par l’évaluateur Arena AI montrent que les développeurs préfèrent Kimi K3 à tous les modèles américains de référence pour le codage front-end, y compris Fable 5 d’Anthropic et GPT-5.6 Sol d’OpenAI.

    Dans le classement textuel plus large d’Arena AI, K3 dépasse également la version standard d’Opus 4.8 d’Anthropic et fait jeu égal avec Sol.

    Moonshot prévoit de publier les poids de K3 le 27 juillet, ce qui signifie qu’à ce jour les développeurs ne peuvent pas encore inspecter, modifier ou exécuter le modèle par eux-mêmes.

    Côté tarifs, K3 est proposé à environ 12 dollars par million de tokens. Un prix plus proche des offres de milieu de gamme d’Anthropic que des habituels tarifs cassés des modèles chinois

    Des dirigeants tès discerts

    Moonshot AI (月之暗面) a été fondée en 2023 par trois cofondateurs.

    Yang Zhilin est CEO. Chercheur en IA et ancien doctorant à Carnegie Mellon University, il est co-auteur de travaux majeurs comme Transformer-XL et XLNet ; deux contributions qui ont marqué l’évolution des grands modèles de langage. Il est le visage public de l’entreprise et pilote sa stratégie de recherche et de développement.

    Zhou Xinyu est un ancien chercheur et ingénieur spécialisé dans les systèmes d’IA et les infrastructures de calcul. Il fait partie du noyau technique qui a créé l’entreprise en 2023.

    Wu Yuxin est membre de l’équipe fondatrice et responsable de plusieurs aspects de l’ingénierie des modèles et de la plateforme.

    Au-delà de ces trois figures, Moonshot AI met en avant une équipe de recherche comptant des inventeurs ou co-inventeurs de technologies fondamentales telles que Transformer-XL, RoPE (Rotary Position Embedding), Group Normalization, ShuffleNet ou encore Mooncake.

    Autant de briques qui nourrissent la réputation d’excellence architecturale de l’entreprise, saluée par ses investisseurs comme à l’origine des avancées technologiques de K2.5 et de ses successeurs.

    À noter qu’à la différence d’OpenAI et Anthropic, Moonshot AI communique peu sur un comité de direction complet (CFO, COO, CTO, etc..

    Une valorisation de 20 milliards $

    Moonshot AI a vu sa valorisation progresser rapidement au fil de plusieurs tours de table successifs.

    Le 2 juillet 2026, l’entreprise annonçait avoir porté sa valorisation à 20 milliards $. Selon un communiqué de  Cathay Innovation ( un fonds qui accompagne Moonshot depuis son tour d’amorçage), il s’agissait alors de la troisième opération de financement réalisée en six mois.

    Plus récemment, selon le Financial Times, Moonshot serait en train de lever un nouveau tour qui la valoriserait à environ 31,5 milliards $.

    À titre de comparaison, DeepSeek lancerait de son côté un tour de table valorisant l’entreprise à environ 71 milliards $.

    Des montants très loin des valorisations stratosphériques de ses compétiteurs américains.

    Illustrations : © DR

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  • Friday 17 July 2026 - 15:32
    from Silicon

    En attendant d’ouvrir une enquête formelle contre Broadcom, prière d’imposer des mesures intérimaires.

    La Commission européenne a reçu, la semaine passée, une lettre à ce sujet. Signataires : le Cigref et trois de ses homologues (en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas), ainsi que l’association CISPE, qui défend les intérêts des fournisseurs cloud européens.

    Voilà des mois que cette dernière sollicite les mesures en question. Elles consisteraient principalement à :

    • Geler la suspension du programme VCSP (VMware Cloud Service Partner) en Europe et y réintégrer les clouders européens
    • Réintroduire le programme de marque blanche qui permettait aux plus petits CSP de proposer les solutions VMware
    • Établir des protections explicites contre d’éventuelles représailles de la part de Broadcom

    L’association vise plus globalement l’obtention de conditions commerciales plus raisonnables. Et leur maintien pour au moins 3 ans, le temps de s’adapter… ou d’aller voir ailleurs.

    La piste du DMA, vite évoquée, vite écartée

    Broadcom avait bouclé l’acquisition de VMware en novembre 2023. Avec les chamboulements que l’on sait, CISPE n’avait pas tardé à lever la voix. Au printemps 2024, il avait appelé régulateurs, législateurs et tribunaux européens à s’enquérir de la situation. Ses principales doléances portaient alors sur :

    • Résiliation unilatérale de contrats de licence avec seulement quelques semaines de préavis
    • Suppression de centaines de produits sans préavis
    • Regroupement des autres en des bundles faisant exploser la facture sans amélioration fonctionnelle
    • Flou sur les conditions d’admission dans les nouveaux programmes partenaires

    Estimant que Broadcom « [prenait] le secteur en otage », CISPE avait suggéré de le désigner contrôleur d’accès dans le cadre du DMA (législation sur les marchés numériques). Il avait aussi demandé la suspension des résiliations de contrats. Et la possibilité, pour les clients, de sortir des engagements pluriannuels une fois que des solutions alternatives viables seraient disponibles.

    La Commission européenne avait finalement entrepris de réunir des témoignages. Peu après l’ouverture de cette RFI (request for information), Broadcom avait fait quelques concessions. Dont la promesse de continuer à corriger les failles critiques dans ses produits sous licences perpétuelles.

    Non sans dénoncer une démarche opportuniste, CISPE avait qualifié les changements de « mineurs » : ils ne résolvaient rien des problèmes précédemment soulevés. L’association en avait ajouté un : la modification de la base de facturation. Au lieu d’un modèle pay-as-you-go basé sur la mémoire utilisée, les partenaires devaient s’engager pour 3 ans sur une capacité prévisionnelle de cœurs CPU.

    Un « observatoire » aux conclusions lapidaires

    En novembre 2024, CISPE avait monté un observatoire chargé d’examiner la concurrence sur le marché du cloud en Europe. Il devait, en premier lieu, superviser les engagements de Microsoft. Il a toutefois aussi inclus Broadcom dans son périmètre.

    Son premier rapport, tombé en février 2025, fut lapidaire : pas de perspectives de négociation avec Broadcom. À ce moment-là, des procédures avaient été engagées auprès de tribunaux de commerce, notamment en France (Orange, Thales). Eles visaient en général à préserver des conditions de licence antérieures… en attendant la négociation de nouvelles conditions « plus justes ». Ou bien à obtenir un délai pour migrer vers des solutions alternatives.

    L’observatoire avait fait remarquer les « tactiques dilatoires » employées par Broadcom dans le cadre de ces litiges afin de retarder les décisions sur le fond. Dans la plupart des cas, avait ajouté CISPE, les parties concernées n’avaient pas osé aller en justice par peur de représailles. D’autant plus que, prétendait-il, la pression ne se limitait pas aux licences VMware – elle s’étendait aussi, notamment, aux logiciels mainframe.

    Les programmes partenaires, progressivement intégrés au cahier de doléances

    Le deuxième rapport, en mai 2025, ne fut pas plus reluisant. Les charges s’alourdirent même. Entre autres parce que depuis peu, les CSP partenaires de VMware devaient choisir entre les statuts de fournisseur de services et de revendeur, en conséquence d’une modification des structures d’incitation.

    CISPE avait admis que depuis la publication du premier rapport, la majorité de ses membres avaient signé de nouveaux accords de licence. Mais on leur avait largement forcé la main, clamait l’association, faute d’un préavis suffisant.

    Pour la plupart des cas d’usage, il n’existe pas d’alternative fonctionnellement équivalente, constatait-elle. Quant à celles qui s’en approchaient, elles induiraient la nécessité de déplacer les workloads chez des hyperscalers américains… et le risque de voir les prix augmenter encore plus.

    Dans ce contexte, il était demandé à Broadcom :

    • Au moins 6 mois de préavis pour toute modification des conditions contractuelles ou des structures tarifaires
    • Une négociation contractuelle des frais applicables lors des pics d’utilisation, et l’absence de pénalités pour les CSP en cas de sur- ou sous-utilisation
    • Des options de licensing flexibles permettant des réductions sur engagement de volume
    • Un accès facilité aux plus hauts niveaux de partenariat pour les petits CSP
    • La possibilité d’être à la fois revendeur et fournisseur de services

    Un recours au Tribunal de l’UE…

    En juillet 2025, CISPE avait déposé un recours auprès du Tribunal de l’UE. Objectif : faire annuler la décision par laquelle Bruxelles avait autorisé l’acquisition de VMware par Broadcom.

    À l’en croire, la Commission européenne aurait omis d’examiner le risque de renforcement de la position dominante de VMware sur les logiciels de virtualisation, alors même qu’elle disposait d’un faisceau d’éléments de preuve. Son examen s’était effectivement centré sur les effets de conglomérat en relation avec des produits matériels de Broadcom (contrôleurs hôtes de bus Fibre Channel et adaptateurs de stockage). Et sur le risque d’exclusion du principal concurrent, à savoir Marvell.

    … puis des plaintes auprès du Médiateur européen…

    Le troisième rapport de l’observatoire était tombé en octobre 2025. Broadcom venait d’officialiser la refonte de son programme VCSP, sans clarifier si elle s’appliquerait en Europe. Les clients ne pourraient en tout cas plus, à partir du 1er novembre, porter leurs licences existantes vers un autre CSP. En parallèle, les clouders qui ne feraient pas partie du programme ne pourraient plus héberger de solutions VMware – ils ne pourraient que revendre des licences. Pour ceux qui en feraient partie, ce serait le contraire. Bilan : il leur faudrait effectivement choisir entre les rôles de revendeur et de fournisseur de services, même s’ils ont des contrats sur les deux fronts.

    Ce troisième volet fut l’occasion, pour CISPE, de dénoncer la rigidité sur les dates de début et de fin des licences VMware. Et de souligner la fin du modèle permettant aux CSP d’exploiter des cœurs supplémentaires ensuite payés en arriérés.

    Fin 2025, la Commission européenne ayant défendu sa décision de valider la fusion Broadcom-VMware, le CISPE en avait remis une couche. Il avait clamé que la structure de financement de l’opération et les engagements de croissance associés auraient dû alerter Bruxelles. Hock Tan avait effectivement promis de faire augmenter l’EBITDA de VMware de 60 à 80 % en 3 ans… sur un marché qui croissait de moins de 10 % par an.

    En parallèle, l’association avait déposé plainte auprès du Médiateur européen. Motif : Bruxelles a pris beaucoup trop de temps (672 jours) pour publier sa décision, qui n’a été attaquable qu’à partir de ce moment-là.

    … et de la DG Concurrence

    Une autre plainte a suivi en mars 2026, cette fois auprès de la direction générale de la concurrence de la Commission européenne. Broadcom avait alors confirmé la fin de VCSP en Europe. C’est dans ce cadre que CISPE avait réclamé les mesures intérimaires sus-évoquées.

    Depuis, l’association a dénoncé la « conduite très inquiétante » du groupe américain vis-à-vis du Tribunal de l’UE. Il lui aurait à la fois intimé de ne pas divulguer un certain nombre de ses correspondances… et de divulguer celles de membres du CISPE contenant pourtant des informations confidentielles.

    Broadcom a aussi eu droit à des attaques sur le terrain de la souveraineté. CISPE fait valoir le framework qu’il a développé et prétend que VCF n’en remplit pas les critères, y compris au niveau de base. Avant tout parce qu’il s’agit d’une stack propriétaire émanant d’un éditeur exposé, entre autres, au CLOUD Act et aux restrictions à l’export que décrète Washington. Mais aussi parce que Broadcom garde un contrôle unilatéral en tant que seule source de correctifs, de mise à jour et de maintenance. CISPE rappelle aussi l’existence d’un mécanisme de reporting de conformité qu’il assimile à un « kill switch », au sens où une non-conformité peut résulter en une dégradation ou un blocage du plan de contrôle.

    Illustration générée par IA

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  • Friday 17 July 2026 - 13:37
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    C’est une nouvelle opération de débauchage comme Mark Zuckerberg sait les mener.

    Selon le Wall Street Journal, David Brown, l’un des dirigeants les plus gradés d’AWS, s’apprête à rejoindre Meta dans les prochaines semaines.

    Cette arrivée est un bon indicateur des ambitions grandissantes de Meta dans la construction de datacenters et de capacités de calcul

    Fort de près de deux décennies passées chez le leader des CSP, David Brown a pour mission de piloter le gigantesque chantier de construction de datacenters dans lequel Meta s’est lancée.
    Il sera rattaché à Santosh Janardhan, le responsable de l’infrastructure du groupe.

    David Brown pilotait ces derniers temps les services de calcul et de machine learning d’AWS. Il appartenait surtout à la fameuse « S-team », le cercle restreint de 28 dirigeants qui conseillent directement le PDG d’Amazon Andy Jassy.

    Promu vice-président senior en avril, il était aussi l’un des visages publics d’AWS, prenant régulièrement la parole lors des keynotes du grand raout client du groupe à Las Vegas.

    Son départ, après dix-neuf ans, n’est évidemment pas passé inaperçu en interne.

    Un vétéran d’AWS aux commandes de l’infrastructure

    Dans une note adressée aux équipes et relayée par Reuters, Matt Garman, le patron d’AWS, a assuré que l’activité et les équipes n’avaient jamais été aussi solides.

    Ce recrutement ne surgit pas de nulle part. Lors de l’assemblée générale annuelle de Meta en mai dernier, Mark Zuckerberg avait laissé entendre que le groupe pourrait se lancer dans le cloud.

    Il avait alors expliqué que des entreprises approchaient Meta presque chaque semaine pour accéder à ses modèles d’IA ou pour payer afin d’utiliser sa capacité de calcul excédentaire.

    Meta affirmait ne pas encore avoir franchi le pas estimant utiliser toute sa puissance de calcul mais que cela deviendrait une option si le groupe venait à estimer qu’il avait « surinvesti » dans ses infrastructures.

    Meta prévoit d’investir entre 125 et 145 milliards $ cette année, une large part étant consacrée à la construction de data centers dédiés à l’IA.

    En janvier, le patron de Meta avait annoncé le lancement d’une « initiative de premier plan » baptisée Meta Compute, chargée de planifier la construction  de centaines de gigawatts de capacité de calcul.

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  • Friday 17 July 2026 - 11:44
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    Un « grand datacenter », c’est à partir de quelle puissance électrique ?

    Dans son Responsible Data Center Development Act, adopté début juin, le Parlement de l’État de New York avait fixé le seuil à 20 MW.

    La gouverneure en a décidé autrement. Elle a signé, cette semaine, un décret qui repousse la limite à 50 MW.

    Un moratoire d’un an… maximum

    Le décret impose, entre autres, un moratoire temporaire sur ces « grands datacenters ». Dans cet intervalle, le Département de la préservation de l’environnement n’examinera pas les demandes d’autorisation relatives à des constructions ou à des extensions… à moins qu’elles n’aient été déclarées complètes avant la signature du décret*.

    Le Parlement avait voté une durée fixe d’un an. Le décret en fait une durée maximale : le moratoire pourra prendre fin par avant. La condition : l’élaboration, par le Département des services publics, d’une « déclaration générique d’impact sur l’environnement ». Elle doit garantir que les datacenters soient soumis à des normes uniformes.

    Pas de classe de services distincte pour les grands datacenters

    Le Parlement avait soutenu l’idée d’un rapport plus exhaustif à la charge du Département de la préservation environnementale. Il aurait dû être produit sous 18 mois, avec au moins 120 jours de consultation publique. Il devait inclure des indicateurs et des projections sur, notamment :

    • Nombre de datacenters implantés dans l’État
    • Occupation des sols
    • Consommation d’eau et d’électricité
    • Pollution et production de déchets électroniques
    • Impact sur les communautés défavorisées (dont les nations indigènes implantées dans un rayon de 10 miles)
    • Financements publics obtenus

    Autre élément non repris dans le décret : l’obligation, pour les compagnies de distribution d’eau, de gaz et d’électricité ainsi que pour les municipalités, de créer un classe de services distincte pour les grands datacenters. La démarche devait favoriser l’isolation – et l’attribution – des coûts qu’ils engendrent.

    La gouverneure n’a pas non plus repris la disposition qui imposait aux datacenters de 5 MW et plus un ratio minimal d’énergies renouvelables (2/3 pour la période 2025-2029, en particulier).

    Les datacenters, appelés à subventionner le prix de l’énergie

    Le Parlement avait voté l’exemption des datacenters associés à la recherche publique. Le décret la confirme. Il l’élargit même. En l’occurrence, aux installations principalement utilisées à des fins de fabrication, d’enseignement ou de fourniture de soins médicaux.

    Autre nouveauté du décret : il ouvre la voie à un « cadre d’investissement communautaire ». L’Empire State Development (agence de développement économique) a 60 jours pour l’élaborer. Il est censé aider les collectivités locales à obtenir des retombées économiques. Parmi les orientations envisagées, la création d’un fonds d’investissement alimenté par des contributions des promoteurs ou des exploitants de datacenters. Ses ressources pourront aider à « maintenir un coût abordable de l’énergie » et à améliorer des services publics (on nous cite la garde d’enfants et les programmes d’enseignement de la maternelle à la fin du secondaire). Il est également question de mécanismes garantissant aux organisations syndicales une place à la table des négociations.

    À l’instar de la Région Île-de-France, qui a récemment adopté une stratégie d’encadrement des implantations de datacenters, l’État de New York estime que ce n’est pas aux contribuables d’assumer le coût des améliorations du réseau électrique. Dans cet esprit, le décret propose de créer un « fonds d’accélération du réseau électrique de l’État ». Abondé par les datacenters,  il financerait la modernisation de ce réseau et l’acquisition de nouvelles capacités de production d’énergie propre.

    La gouverneure dit prévoir également une loi supprimant les exonérations de taxe sur les ventes pour les datacenters hyperscale.

    Un premier moratoire avorté dans le Maine

    À mai 2026, les demandes de raccordement en attente dans l’État de New York avoisinaient 12 GW. Dont plus de 8 GW enregistrés en 2025.

    Au-delà de la compromission de ses objectifs en matière d’énergie propre, l’État constate l’inadéquation de son cadre réglementaire, tout particulièrement pour faire face aux besoins des datacenters en matière de prélèvement et de traitement de l’eau.

    Le Parlement du Maine – voisin de l’État de New York – avait été le premier aux États-Unis à voter un moratoire sur les datacenters. C’était au mois d’avril. Il devait s’appliquer jusqu’en octobre 2027, pour les installations de plus de 20 MW. La gouverneure démocrate a cependant mis son veto, faute d’avoir obtenu une exemption pour un site en cours de construction présenté comme « largement soutenu [par sa] région d’accueil ».

    * Le moratoire ne s’applique pas aux autorisations que délivrent les collectivités locales.

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  • Thursday 16 July 2026 - 17:26
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    Niveaux d’inférence, chaînes de pensée, caches de contexte, débits provisionnés… Autant de concepts qui occupent actuellement la FinOps Foundation.

    En ligne de mire, la prochaine version de la spécification FOCUS, attendue pour décembre 2026. La « token-économie » y est un chantier prioritaire. Objectif : standardiser au maximum la représentation de l’usage des services IA.

    Apprendre d’abord à se servir de l’existant

    La communauté est d’avis que la matière est déjà là. L’enjeu est plutôt d’expliquer comment s’en servir. Cela passe par la fourniture de tables de correspondance, potentiellement insérées dans une annexe, aux côtés d’exemples de requêtes SQL. Elles couvriraient trois archétypes de fournisseurs : cloud (type Amazon Bedrock / Azure OpenAI), MaaS (OpenAI / Anthropic) et hybride (Vertex AI). Dans l’idéal, elles aborderaient des « cas limites » comme le fine-tuning et le batching.

    Ces mappings s’accompagneront d’un livre blanc, prévu quant à lui pour le mois d’août. Le document de travail esquisse plusieurs pistes pour représenter les workloads d’inférence en utilisant la sémantique existante. La notion de débit provisionnée peut par exemple être mappée aux réservations de capacités ; l’agrégation de workflows agentiques, au regroupement de transactions. Parmi les ajouts envisagés, des colonnes permettant de distinguer identifiant de requête et identifiant de session. Motif : une interaction utilisateur peut engendrer plusieurs requêtes, invoquer plusieurs modèles, exécuter des outils, etc.

    Pour distinguer les utilisateurs (humain, application, agent), le livre blanc ne suggère pas de créer de colonnes, mais d’utiliser des tags. Pour s’aligner sur la sémantique transactionnelle de FOCUS, il recommande des lignes distinctes pour chaque composant de facturation (input, output, cache, raisonnement, traitement d’images…). Quant aux tarifications différenciées en fonction de la fenêtre, il propose de la traiter comme un problème standard de facturation par niveaux.

    facturation input output

    tarification par niveaux

    Segmenter par modèle et distinguer l’input de l’output

    Autres axes prioritaires sur la roadmap : la capacité à segmenter les coûts par modèle, à distinguer les tokens d’entrée et de sortie et à prendre en compte les limites de tokens par requête.

    Depuis l’an dernier, la spec englobe les « devises virtuelles » (non monétaires). Le token en fait partie, mais moins sous l’angle de l’IA que celui des crédits achetés à l’avance.

    La dernière version (1.4, publiée en juin 2026) ajoute deux jeux de données censés faciliter la réconciliation. L’un matérialise les charges telles qu’elles apparaissent sur les factures fournisseurs. L’autre définit les intervalles de temps et les statuts associés aux cycles de facturation.

    Autre ajout : des colonnes qui permettent de mieux comparer les structures d’engagement entre fournisseurs et d’identifier celles auxquelles une charge est éligible.

    Adobe, AWS, Datadog, Google, IBM Cloudability et Microsoft composent le comité de pilotage de FOCUS, en plus de Capital One et Walmart. Parmi les organisations qui ont contribué à la v1.4 figurent Amadeus, American Express, Broadcom, Databricks, Oracle et Salesforce.

    À consulter en complément :

    L’économie du token, nouveau point focal de la FinOps Foundation
    Tokenmaxxing : gaspillage ou moteur de transformation IA ?
    Jensen Huang défend sa vision de la « token-économie »

    Illustration générée par IA

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  • Thursday 16 July 2026 - 15:29
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    Synacktiv, cabinet spécialisé en cybersécurité offensive, vient de porter un coup dur à la crédibilité des dispositifs de « preuve de vie » utilisés en ligne.

    Dans une récente étude, les chercheurs Kevin Tellier et Léo Desmonts montrent qu’il est possible de duper, à l’aide de modèles d’IA générative vidéo accessibles au grand public, les mécanismes automatisés censés garantir qu’un utilisateur répond aux critères d’âge requis pour accéder à certains contenus.

    Pour illustrer la faille, les chercheurs ont choisi un cas d’usage sensible : la vérification d’âge sur un site vidéo pour adultes. Cette catégorie est soumise, depuis la loi française du 21 mai 2024, à l’obligation de contrôler l’âge de ses visiteurs sous peine de blocage par l’Arcom.

    Le site testé s’appuyait sur le service britannique AgeGo, lequel délègue lui-même l’analyse biométrique à AWS Rekognition, la brique de reconnaissance faciale de l’hyperscaler largement utilisée pour ses fonctions de détection de « liveness » (vivacité).

    Le principe du contrôle est simple en apparence : l’utilisateur doit filmer son visage avec sa webcam et suivre un « challenge » ( par exemple bouger la tête d’avant en arrière ) pour prouver qu’il s’agit bien d’une personne réelle et non d’une photo ou d’une vidéo préenregistrée.

    C’est précisément ce verrou que les chercheurs de Synacktiv ont réussi à faire sauter. En s’appuyant sur un pilote Linux (v4l2loopback) permettant de créer une fausse webcam virtuelle, ils ont substitué à leur propre visage une vidéo générée par intelligence artificielle, produite à partir d’une simple photo d’identité et « vieillie » artificiellement à l’aide d’un modèle d’IA pour paraître majeure.

    Le tout combiné à un modèle vidéo génératif capable d’animer cette image de référence,  reproduisant fidèlement les mouvements de tête demandés par le challenge. Résultat : la vérification a été validée par l’algorithme, ouvrant l’accès au site.

    Des outils d’IA vidéo très efficaces

    Ce qui frappe dans la démonstration, c’est l’accessibilité des moyens employés.

    Les chercheurs ont utilisé des modèles open source comme Wan2.2 Animate (développé par  Alibaba) ou des solutions cloud comme Kling, opérées via l’interface ComfyUI. Un simple serveur équipé d’une carte graphique grand public a suffi pour générer, en quelques minutes, des vidéos suffisamment réalistes pour passer les contrôles.

    Contrairement aux deepfakes « classiques » par échange de visage (face-swapping) qui nécessitent un entraînement long et laissent souvent des artefacts visibles (contours, déformations), ces nouveaux modèles génératifs animent directement une image de référence à partir d’un masque de mouvement extrait d’une vidéo source. Sans étape d’entraînement préalable et avec un rendu bien plus convaincant.

    Certes, tout n’est pas parfait. Les chercheurs notent que les mouvements des yeux et de la bouche restent parfois imparfaits. Mais dans le cas testé, la vérification purement algorithmique n’a pas résisté.

    Pour des raisons évidentes de légalité, la démonstration s’est concentrée sur un site pour adultes

    Cependant, ces technologies de vérification biométrique par vidéo sous-tendent aujourd’hui l’identité numérique, l’ouverture de comptes bancaires en ligne, la signature électronique ou encore les dispositifs de lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent (LCB-FT).

    Un enjeu qui dépasse les sites pour adultes

    En France, c’est le référentiel PVID (Prestataire de Vérification d’Identité à Distance) de l’Anssi qui encadre ces usages les plus sensibles en clôturant avec le règlement européen eIDAS.

    Ce cadre distingue un niveau « substantiel », déjà appliqué par quatre opérateurs certifiés (Docaposte IOT, IDnow, NjF Vision, Namirial), et un niveau « élevé », réservé aux actes les plus engageants comme la signature électronique qualifiée.

    Les chercheurs soulignent d’ailleurs que la vérification humaine, censée constituer un dernier rempart en cas de doute, n’est pas infaillible non plus.

    Fatigue des opérateurs, biais cognitifs, cadence de traitement élevée dans les centres de vérification… autant de facteurs qui peuvent laisser passer une vidéo truquée. D’autant plus que le réalisme des deepfakes récents peut tromper un œil non spécialiste, en particulier lorsque la qualité de l’image est dégradée.

    Synacktiv appelle à une adaptation rapide des méthodes de détection.

    Les référentiels comme le PVID sont réguliers dans leur mise à jour, l’Anssi intégrant les nouvelles menaces identifiées lors des audits.

    Mais l’étude suggère que la parade pourrait, paradoxalement, devoir venir de l’IA elle-même.
    Les chercheurs évoquent la piste de systèmes de détection eux-mêmes fondés sur des modèles génératifs capables de repérer les artefacts invisibles à l’œil humain. Ou le recours accru à des services d’identité numérique tiers comme Yoti.

    En attendant, la démonstration de Synacktiv rappelle une réalité inconfortable pour l’ensemble des acteurs du numérique. A mesure que l’IA générative gagne en réalisme, la confiance accordée à une vidéo, pierre angulaire de nombreux dispositifs de sécurité, devient elle-même une vulnérabilité.

    Image : © Synacktiv

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  • Thursday 16 July 2026 - 13:21
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    Airbus a sélectionné Scaleway comme fournisseur d’une infrastructure cloud destinée à moderniser certaines applications métiers tout en intégrant des capacités dédiées à l’intelligence artificielle.

    Airbus avait lancé un appel d’offres pour identifier un fournisseur capable de combiner des capacités cloud performantes, un contrôle opérationnel européen, une sécurité juridique et une autonomie stratégique pour ses applications sensibles et ses données industrielles.

    Scaleway fournira une plateforme pour prendre en charge des applications couvrant la conception des aéronefs, l’ingénierie, la production industrielle et les opérations de l’entreprise.

    Selon Airbus, l’hébergement de ces systèmes dans un environnement cloud européen doit renforcer la protection de sa propriété intellectuelle et de ses données industrielles, tout en assurant la continuité de ses opérations aéronautiques à l’échelle mondiale.

    « Le fait que les modèles Mistral soient déjà déployés sur l’infrastructure Scaleway nous permettra d’accélérer notre approche en matière d’IA », a déclaré Catherine Jestin, directrice du numérique chez Airbus.

    Airbus migrera environ 70 applications critiques vers Scaleway d’ici fin 2028. Au maximum, le programme pourra couvrir jusqu’à 900 applications au cours des cinq à six prochaines années.

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  • Thursday 16 July 2026 - 12:34
    from Silicon

    Enregistré le 8 juillet à la présidence du Palais Bourbon, le rapport de la commission d’enquête « sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France » ne révolutionne pas le genre sur le plan conceptuel.

    La souveraineté numérique française, on en parle depuis le rapport Longuet du Sénat en 2019, puis depuis celui de Philippe Latombe ; précisément le président de cette nouvelle commission  en 2021. Mais en 2026, c’est le contexte plus que la nouveauté du diagnostic, qui donne au document toute sa charge politique.

    L’électrochoc MAGA

    Le président Latombe,  député du groupe Les Démocrates de la 1ère circonscription de Vendée, ne s’en cache pas dans son avant-propos : il regrette « qu’il ait fallu attendre l’ère MAGA » pour qu’un electrochoc collectif se produise.

    Le rapport situe la rupture au second mandat de Donald Trump, entamé en janvier 2025, qui a fait voler en éclats le cadre de coopération transatlantique hérité de l’après-guerre. La stratégie de sécurité nationale américaine publiée début décembre y désigne l’Union européenne comme un obstacle aux intérêts américains. Par ailleurs, des dirigeants puissants de  la tech, comme Elon Musk ou le patron de Palantir Alex Karp, ont basculé du rôle de chefs d’entreprise à celui d’acteurs politiques assumés.

    Le document pointe le blocage, sur décision du gouvernement américain, de l’accès aux modèles d’Anthropic comme une démonstration que « le kill switch n’est plus seulement une hypothèse mais une réalité ». Autrement dit : un outil numérique dont dépend une administration, une entreprise ou un État peut, du jour au lendemain, lui être retiré sur simple décision politique étrangère.

    Une dépendance chiffrée à 1,5 milliard €

    Selon l’Ugap (l’Union des groupements d’achats publics), les acteurs américains représentent près de 80 % des achats logiciels des cinquante plus gros fournisseurs de l’administration française. Les dépenses des administrations publiques, collectivités comprises, vers des acteurs extra-européens sont évaluées à 1,5 milliard € dont un milliard jugé directement substituable par des alternatives existantes.

    À l’échelle des entreprises privées, la facture grimpe à 264 milliards € de logiciels et services cloud achetés par les Européens aux entreprises américaines.

    Trois fournisseurs concentrent l’essentiel de la dépendance logicielle des administrations : Microsoft, VMware et Oracle.

    Le rapport détaille aussi une fragilité côté données personnelles. Au second semestre 2025, le gouvernement américain a adressé plus de 5 500 demandes de divulgation de données à Microsoft et plus de 60 000 à Google qui y a donné une suite favorable dans 89 % des cas.

    Sur l’intelligence artificielle et les data centers, le rapport relève que RTE a réservé 15 gigawatts de capacité de raccordement électrique pour des projets de data centers, soit 24 % de la puissance du parc nucléaire français.

    Selon l’analyse de la commission, l’essentiel profiterait à des hyperscalers américains ou à d’autres acteurs extra-européens, contre seulement 1,4 GW pour des opérateurs strictement européens.

    29 propositions pour reprendre la main

    Le document distingue des recommandations, jugées consensuelles et d’application rapide, et 29 propositions plus structurantes portées par la rapporteure.

    Plusieurs axes se dégagent.

    Miser sur l’open source comme alternative industrielle.

    Le rapport propose de créer une fondation France Libre Open Source (Flos) chargée de pérenniser les briques open source utilisées par l’État, adossée à un fonds (baptisé Logic) venant compléter le Sovereign Tech Fund européen. L’open source deviendrait obligatoire dans les marchés publics d’ici le 1er janvier 2030, et les dépenses des collectivités territoriales dans ce domaine seraient comptabilisées en investissement plutôt qu’en fonctionnement.

    Sortir l’école de l’emprise de Microsoft.

    La proposition n°5 est sobrement intitulée « Objectif zéro Microsoft dans les écoles ». Elle est accompagnée d’une modification du code de l’éducation pour intégrer l’enseignement des logiciels libres ; le rapport pointant l’ancrage précoce des habitudes numériques chez les élèves comme un facteur clé de la dépendance de long terme.

    Verrouiller la continuité de service.

    Le texte propose de généraliser les clauses d’entiercement dans les contrats publics afin que l’État conserve l’accès aux éléments techniques indispensables en cas de défaillance d’un prestataire.
    Solution plus radicale, une « clause de souveraineté finale » imposerait, pour les fournisseurs jugés structurants, la rétrocession à l’État des éléments nécessaires au fonctionnement du logiciel en cas de revente.

    Encadrer les pépites frnçaises de l’IA.

    Le rapport suggère que l’État puisse détenir des actions spécifiques (golden shares) dans Mistral AI et ChapsVision ouvrant un droit de blocage sur certaines décisions capitalistiques stratégiques. Il propose aussi le remboursement des aides publiques (aide à l’amorçage, crédit d’impôt recherche) en cas de vente rapide d’une start-up française à un acteur extra-européen.

    Un moratoire sur les data centers

    Freiner la course aux data centers.

    Face à la concentration des capacités électriques réservées au profit d’acteurs étrangers, la commission propose un moratoire sur les projets de data centers ne répondant pas à un impératif de souveraineté, assorti d’un contrôle public renforcé de leur déploiement.

    Muscler l’arsenal juridique et institutionnel.

    Le rapport plaide pour l’activation du règlement de blocage européen et, si nécessaire, de l’instrument anti-coercition face à l’application extraterritoriale du droit américain. Il recommande la création d’une procédure de recours collectif au titre du RGPD  et d’un véritable ministère du numérique de plein exercice doté d’une autorité interministérielle aux prérogatives renforcées. Il serait complété par une délégation parlementaire dédiée au numérique.

    Fruit d’un travail consensuel entre groupes politiques que tout oppose par ailleurs, de LFI aux Républicains, le rapport doit désormais alimenter deux rendez-vous législatifs annoncés pour l’automne et l’hiver. D’abord l’examen du projet de loi sur la résilience des infrastructures critiques et la cybersécurité qui est attendu à partir du 21 septembre. Ensuite, le projet de loi de finances pour 2027.

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  • Thursday 16 July 2026 - 09:54
    from Silicon

    Avec Sophos Fusion, les choses changent… mais essentiellement sous le capot.

    Pas de nouveau produit, ni de nouvelle licence : c’est avant tout un rebranding de la console Sophos Central. Il est censé refléter l’évolution de l’architecture sous-jacente, autour d’un lac de données unifié. Sophos parle de « context lake » et promet, par là même, des capacités d’orchestration agentique.

    Sophos Fusion concrétise aussi, à en croire l’éditeur britannique, l’intégration de Secureworks (acquis début 2025). Un chantier qui lui a valu de détourner en partie sa R&D du cœur de son offre.

    Les offres Sophos MDR, XDR et Next-Gen SIEM seront les premières à basculer sur l’architecture Fusion, au mois d’août.

    Sophos Central s’appelait ainsi depuis 2016. Sophos Cloud était la marque initiale.

    À consulter en complément :

    Un premier « ransomware agentique » repéré dans le cyberespace
    Protection des terminaux : des écarts se créent sur le cœur des offres
    Les bug bountys, saturés par les agents IA
    Threat intelligence : l’automatisation morcelle le marché

    Illustration générée par IA

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  • Wednesday 15 July 2026 - 15:57
    from Silicon

    Le CRA y ouvre la voie, comme le futur CADA : l’UE doit accroître son empreinte dans la gouvernance des fondations open source.

    La Commission européenne a récemment formalisé cet objectif. L’essentiel des ressources de ces organismes proviennent aujourd’hui des États-Unis et de Chine, reconnaît-elle.

    La fondation OpenClaw en est un exemple. Elle avait commencé à se structurer lorsque le créateur du projet éponyme avait rejoint OpenAI. C’était en février 2026. Aujourd’hui, elle a un statut juridique (organisation à but non lucratif de droit américain), des sponsors financiers et une équipe à temps plein.

    L’essentiel des 10 membres de cette équipe sont localisés en Amérique du Nord et ont fait leur carrière sur place. Parmi eux, il y a, côté technique, Patrick Erichsen et Dallin Romney, cofondateurs de Continue Dev (acquis par Cursor). Sur l’opérationnel, on peut citer :

    • Jennifer Vescio (directrice des partenariats), ancienne directrice bizdev d’ESPN, d’eBay, de Verizon puis d’Uber
    • Matthew Jasie (directeur financier), qui a occupé des postes à responsabilités dans le monde universitaire, puis dans une filiale d’Havas et chez Jabra, entre autres
    • Kelly Pike (directrice ressources humaines), qui s’est occupée du recrutement dans plusieurs organisations après avoir été responsable PME puis secteur public chez Lenovo

    Un écosystème entre l’Amérique du Nord et l’Asie

    La fondation OpenClaw cherche d’autres profils pour son équipe technique, à 200-300 k$ par an. Elle propose la même fourchette de rémunération pour des forward-deployed engineers. Et un peu plus pour des product designers (250-350 k$).

    Des postes sont également ouverts pour s’occuper des relations développeurs en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique. Mais pas en Europe.

    Même « tendance géographique » chez les organisations que représentent les 28 gestionnaires (maintainers) actuels d’OpenClaw. Ils sont 4 à travailler pour Microsoft, autant pour NVIDIA. On en trouve 3 d’OpenAI comme de Tencent. Deux sont de la maison Atlassian. Xiaomi, Red Hat et Hugging Face, notamment, comptent un représentant.

    Microsoft, NVIDIA et OpenAI sont sponsors financiers de la fondation, à l’instar de l’université du Michigan. Le premier s’est appuyé sur OpenClaw pour lancer l’assistant IA Scout. Le deuxième a développé NemoClaw, qui associe ses modèles Nemotron à un runtime maison (OpenShell) doté de primitives de sécurité spécifiques. Le troisième a constitué une équipe interne dite Claw Labs, sous la responsabilité du fondateur d’OpenClaw.

    La sécurité, chantier prioritaire d’OpenClaw

    Tencent a travaillé en particulier sur la sécurité d’OpenClaw. C’est une priorité du projet, fortement décrié – voire déconseillé – pour ce motif. Afin de réduire la surface d’attaque, des travaux d’allégement du cœur fonctionnel ont été engagés, diverses capacités étant déportées dans des modules complémentaires.

    Le registre ClawHub a lui aussi été « durci ». Un agent Codex évalue désormais chaque skill publiée, en s’appuyant sur trois scanners. En l’occurrence :

    • Une analyse statique « maison »
    • VirusTotal pour la détection des malwares
    • NVIDIA SkillSpector pour de l’analyse sémantique (détection des instructions cachées, des chemins de code risqués, etc.)

    Un système de packages officiels est par ailleurs à l’étude. Tout comme une liste d’« éditeurs de confiance » (trusted publishers) et l’intégration d’un signal de confiance fondé sur l’usage de fs-safe.

    En attendant, OpenClaw a renforcé la vérification des commandes shell, en intégrant l’évaluation des wrappers -c pour détecter les chaînes contenant des exécutables. Il a aussi intégré un proxy pour contrôler plus finement les URL sortantes.

    Illustration générée par IA

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