un simple agrégateur, lecteur de flux rss pour tout suivre .... par: fonds d'écran - Kriss Feed, version : 7 -
  • Friday 17 July 2026 - 13:37
    from Silicon

    C’est une nouvelle opération de débauchage comme Mark Zuckerberg sait les mener.

    Selon le Wall Street Journal, David Brown, l’un des dirigeants les plus gradés d’AWS, s’apprête à rejoindre Meta dans les prochaines semaines.

    Cette arrivée est un bon indicateur des ambitions grandissantes de Meta dans la construction de datacenters et de capacités de calcul

    Fort de près de deux décennies passées chez le leader des CSP, David Brown a pour mission de piloter le gigantesque chantier de construction de datacenters dans lequel Meta s’est lancée.
    Il sera rattaché à Santosh Janardhan, le responsable de l’infrastructure du groupe.

    David Brown pilotait ces derniers temps les services de calcul et de machine learning d’AWS. Il appartenait surtout à la fameuse « S-team », le cercle restreint de 28 dirigeants qui conseillent directement le PDG d’Amazon Andy Jassy.

    Promu vice-président senior en avril, il était aussi l’un des visages publics d’AWS, prenant régulièrement la parole lors des keynotes du grand raout client du groupe à Las Vegas.

    Son départ, après dix-neuf ans, n’est évidemment pas passé inaperçu en interne.

    Un vétéran d’AWS aux commandes de l’infrastructure

    Dans une note adressée aux équipes et relayée par Reuters, Matt Garman, le patron d’AWS, a assuré que l’activité et les équipes n’avaient jamais été aussi solides.

    Ce recrutement ne surgit pas de nulle part. Lors de l’assemblée générale annuelle de Meta en mai dernier, Mark Zuckerberg avait laissé entendre que le groupe pourrait se lancer dans le cloud.

    Il avait alors expliqué que des entreprises approchaient Meta presque chaque semaine pour accéder à ses modèles d’IA ou pour payer afin d’utiliser sa capacité de calcul excédentaire.

    Meta affirmait ne pas encore avoir franchi le pas estimant utiliser toute sa puissance de calcul mais que cela deviendrait une option si le groupe venait à estimer qu’il avait « surinvesti » dans ses infrastructures.

    Meta prévoit d’investir entre 125 et 145 milliards $ cette année, une large part étant consacrée à la construction de data centers dédiés à l’IA.

    En janvier, le patron de Meta avait annoncé le lancement d’une « initiative de premier plan » baptisée Meta Compute, chargée de planifier la construction  de centaines de gigawatts de capacité de calcul.

    The post Meta débauche un poids lourd d’AWS pour préparer son entrée dans le cloud appeared first on Silicon.fr.

  • Friday 17 July 2026 - 11:44
    from Silicon

    Un « grand datacenter », c’est à partir de quelle puissance électrique ?

    Dans son Responsible Data Center Development Act, adopté début juin, le Parlement de l’État de New York avait fixé le seuil à 20 MW.

    La gouverneure en a décidé autrement. Elle a signé, cette semaine, un décret qui repousse la limite à 50 MW.

    Un moratoire d’un an… maximum

    Le décret impose, entre autres, un moratoire temporaire sur ces « grands datacenters ». Dans cet intervalle, le Département de la préservation de l’environnement n’examinera pas les demandes d’autorisation relatives à des constructions ou à des extensions… à moins qu’elles n’aient été déclarées complètes avant la signature du décret*.

    Le Parlement avait voté une durée fixe d’un an. Le décret en fait une durée maximale : le moratoire pourra prendre fin par avant. La condition : l’élaboration, par le Département des services publics, d’une « déclaration générique d’impact sur l’environnement ». Elle doit garantir que les datacenters soient soumis à des normes uniformes.

    Pas de classe de services distincte pour les grands datacenters

    Le Parlement avait soutenu l’idée d’un rapport plus exhaustif à la charge du Département de la préservation environnementale. Il aurait dû être produit sous 18 mois, avec au moins 120 jours de consultation publique. Il devait inclure des indicateurs et des projections sur, notamment :

    • Nombre de datacenters implantés dans l’État
    • Occupation des sols
    • Consommation d’eau et d’électricité
    • Pollution et production de déchets électroniques
    • Impact sur les communautés défavorisées (dont les nations indigènes implantées dans un rayon de 10 miles)
    • Financements publics obtenus

    Autre élément non repris dans le décret : l’obligation, pour les compagnies de distribution d’eau, de gaz et d’électricité ainsi que pour les municipalités, de créer un classe de services distincte pour les grands datacenters. La démarche devait favoriser l’isolation – et l’attribution – des coûts qu’ils engendrent.

    La gouverneure n’a pas non plus repris la disposition qui imposait aux datacenters de 5 MW et plus un ratio minimal d’énergies renouvelables (2/3 pour la période 2025-2029, en particulier).

    Les datacenters, appelés à subventionner le prix de l’énergie

    Le Parlement avait voté l’exemption des datacenters associés à la recherche publique. Le décret la confirme. Il l’élargit même. En l’occurrence, aux installations principalement utilisées à des fins de fabrication, d’enseignement ou de fourniture de soins médicaux.

    Autre nouveauté du décret : il ouvre la voie à un « cadre d’investissement communautaire ». L’Empire State Development (agence de développement économique) a 60 jours pour l’élaborer. Il est censé aider les collectivités locales à obtenir des retombées économiques. Parmi les orientations envisagées, la création d’un fonds d’investissement alimenté par des contributions des promoteurs ou des exploitants de datacenters. Ses ressources pourront aider à « maintenir un coût abordable de l’énergie » et à améliorer des services publics (on nous cite la garde d’enfants et les programmes d’enseignement de la maternelle à la fin du secondaire). Il est également question de mécanismes garantissant aux organisations syndicales une place à la table des négociations.

    À l’instar de la Région Île-de-France, qui a récemment adopté une stratégie d’encadrement des implantations de datacenters, l’État de New York estime que ce n’est pas aux contribuables d’assumer le coût des améliorations du réseau électrique. Dans cet esprit, le décret propose de créer un « fonds d’accélération du réseau électrique de l’État ». Abondé par les datacenters,  il financerait la modernisation de ce réseau et l’acquisition de nouvelles capacités de production d’énergie propre.

    La gouverneure dit prévoir également une loi supprimant les exonérations de taxe sur les ventes pour les datacenters hyperscale.

    Un premier moratoire avorté dans le Maine

    À mai 2026, les demandes de raccordement en attente dans l’État de New York avoisinaient 12 GW. Dont plus de 8 GW enregistrés en 2025.

    Au-delà de la compromission de ses objectifs en matière d’énergie propre, l’État constate l’inadéquation de son cadre réglementaire, tout particulièrement pour faire face aux besoins des datacenters en matière de prélèvement et de traitement de l’eau.

    Le Parlement du Maine – voisin de l’État de New York – avait été le premier aux États-Unis à voter un moratoire sur les datacenters. C’était au mois d’avril. Il devait s’appliquer jusqu’en octobre 2027, pour les installations de plus de 20 MW. La gouverneure démocrate a cependant mis son veto, faute d’avoir obtenu une exemption pour un site en cours de construction présenté comme « largement soutenu [par sa] région d’accueil ».

    * Le moratoire ne s’applique pas aux autorisations que délivrent les collectivités locales.

    Illustration générée par IA

    The post Datacenters : le moratoire édulcoré de l’État de New York appeared first on Silicon.fr.

  • Thursday 16 July 2026 - 17:26
    from Silicon

    Niveaux d’inférence, chaînes de pensée, caches de contexte, débits provisionnés… Autant de concepts qui occupent actuellement la FinOps Foundation.

    En ligne de mire, la prochaine version de la spécification FOCUS, attendue pour décembre 2026. La « token-économie » y est un chantier prioritaire. Objectif : standardiser au maximum la représentation de l’usage des services IA.

    Apprendre d’abord à se servir de l’existant

    La communauté est d’avis que la matière est déjà là. L’enjeu est plutôt d’expliquer comment s’en servir. Cela passe par la fourniture de tables de correspondance, potentiellement insérées dans une annexe, aux côtés d’exemples de requêtes SQL. Elles couvriraient trois archétypes de fournisseurs : cloud (type Amazon Bedrock / Azure OpenAI), MaaS (OpenAI / Anthropic) et hybride (Vertex AI). Dans l’idéal, elles aborderaient des « cas limites » comme le fine-tuning et le batching.

    Ces mappings s’accompagneront d’un livre blanc, prévu quant à lui pour le mois d’août. Le document de travail esquisse plusieurs pistes pour représenter les workloads d’inférence en utilisant la sémantique existante. La notion de débit provisionnée peut par exemple être mappée aux réservations de capacités ; l’agrégation de workflows agentiques, au regroupement de transactions. Parmi les ajouts envisagés, des colonnes permettant de distinguer identifiant de requête et identifiant de session. Motif : une interaction utilisateur peut engendrer plusieurs requêtes, invoquer plusieurs modèles, exécuter des outils, etc.

    Pour distinguer les utilisateurs (humain, application, agent), le livre blanc ne suggère pas de créer de colonnes, mais d’utiliser des tags. Pour s’aligner sur la sémantique transactionnelle de FOCUS, il recommande des lignes distinctes pour chaque composant de facturation (input, output, cache, raisonnement, traitement d’images…). Quant aux tarifications différenciées en fonction de la fenêtre, il propose de la traiter comme un problème standard de facturation par niveaux.

    facturation input output

    tarification par niveaux

    Segmenter par modèle et distinguer l’input de l’output

    Autres axes prioritaires sur la roadmap : la capacité à segmenter les coûts par modèle, à distinguer les tokens d’entrée et de sortie et à prendre en compte les limites de tokens par requête.

    Depuis l’an dernier, la spec englobe les « devises virtuelles » (non monétaires). Le token en fait partie, mais moins sous l’angle de l’IA que celui des crédits achetés à l’avance.

    La dernière version (1.4, publiée en juin 2026) ajoute deux jeux de données censés faciliter la réconciliation. L’un matérialise les charges telles qu’elles apparaissent sur les factures fournisseurs. L’autre définit les intervalles de temps et les statuts associés aux cycles de facturation.

    Autre ajout : des colonnes qui permettent de mieux comparer les structures d’engagement entre fournisseurs et d’identifier celles auxquelles une charge est éligible.

    Adobe, AWS, Datadog, Google, IBM Cloudability et Microsoft composent le comité de pilotage de FOCUS, en plus de Capital One et Walmart. Parmi les organisations qui ont contribué à la v1.4 figurent Amadeus, American Express, Broadcom, Databricks, Oracle et Salesforce.

    À consulter en complément :

    L’économie du token, nouveau point focal de la FinOps Foundation
    Tokenmaxxing : gaspillage ou moteur de transformation IA ?
    Jensen Huang défend sa vision de la « token-économie »

    Illustration générée par IA

    The post FinOps : la spécification FOCUS à l’épreuve de la « token-économie » appeared first on Silicon.fr.

  • Thursday 16 July 2026 - 15:29
    from Silicon

    Synacktiv, cabinet spécialisé en cybersécurité offensive, vient de porter un coup dur à la crédibilité des dispositifs de « preuve de vie » utilisés en ligne.

    Dans une récente étude, les chercheurs Kevin Tellier et Léo Desmonts montrent qu’il est possible de duper, à l’aide de modèles d’IA générative vidéo accessibles au grand public, les mécanismes automatisés censés garantir qu’un utilisateur répond aux critères d’âge requis pour accéder à certains contenus.

    Pour illustrer la faille, les chercheurs ont choisi un cas d’usage sensible : la vérification d’âge sur un site vidéo pour adultes. Cette catégorie est soumise, depuis la loi française du 21 mai 2024, à l’obligation de contrôler l’âge de ses visiteurs sous peine de blocage par l’Arcom.

    Le site testé s’appuyait sur le service britannique AgeGo, lequel délègue lui-même l’analyse biométrique à AWS Rekognition, la brique de reconnaissance faciale de l’hyperscaler largement utilisée pour ses fonctions de détection de « liveness » (vivacité).

    Le principe du contrôle est simple en apparence : l’utilisateur doit filmer son visage avec sa webcam et suivre un « challenge » ( par exemple bouger la tête d’avant en arrière ) pour prouver qu’il s’agit bien d’une personne réelle et non d’une photo ou d’une vidéo préenregistrée.

    C’est précisément ce verrou que les chercheurs de Synacktiv ont réussi à faire sauter. En s’appuyant sur un pilote Linux (v4l2loopback) permettant de créer une fausse webcam virtuelle, ils ont substitué à leur propre visage une vidéo générée par intelligence artificielle, produite à partir d’une simple photo d’identité et « vieillie » artificiellement à l’aide d’un modèle d’IA pour paraître majeure.

    Le tout combiné à un modèle vidéo génératif capable d’animer cette image de référence,  reproduisant fidèlement les mouvements de tête demandés par le challenge. Résultat : la vérification a été validée par l’algorithme, ouvrant l’accès au site.

    Des outils d’IA vidéo très efficaces

    Ce qui frappe dans la démonstration, c’est l’accessibilité des moyens employés.

    Les chercheurs ont utilisé des modèles open source comme Wan2.2 Animate (développé par  Alibaba) ou des solutions cloud comme Kling, opérées via l’interface ComfyUI. Un simple serveur équipé d’une carte graphique grand public a suffi pour générer, en quelques minutes, des vidéos suffisamment réalistes pour passer les contrôles.

    Contrairement aux deepfakes « classiques » par échange de visage (face-swapping) qui nécessitent un entraînement long et laissent souvent des artefacts visibles (contours, déformations), ces nouveaux modèles génératifs animent directement une image de référence à partir d’un masque de mouvement extrait d’une vidéo source. Sans étape d’entraînement préalable et avec un rendu bien plus convaincant.

    Certes, tout n’est pas parfait. Les chercheurs notent que les mouvements des yeux et de la bouche restent parfois imparfaits. Mais dans le cas testé, la vérification purement algorithmique n’a pas résisté.

    Pour des raisons évidentes de légalité, la démonstration s’est concentrée sur un site pour adultes

    Cependant, ces technologies de vérification biométrique par vidéo sous-tendent aujourd’hui l’identité numérique, l’ouverture de comptes bancaires en ligne, la signature électronique ou encore les dispositifs de lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent (LCB-FT).

    Un enjeu qui dépasse les sites pour adultes

    En France, c’est le référentiel PVID (Prestataire de Vérification d’Identité à Distance) de l’Anssi qui encadre ces usages les plus sensibles en clôturant avec le règlement européen eIDAS.

    Ce cadre distingue un niveau « substantiel », déjà appliqué par quatre opérateurs certifiés (Docaposte IOT, IDnow, NjF Vision, Namirial), et un niveau « élevé », réservé aux actes les plus engageants comme la signature électronique qualifiée.

    Les chercheurs soulignent d’ailleurs que la vérification humaine, censée constituer un dernier rempart en cas de doute, n’est pas infaillible non plus.

    Fatigue des opérateurs, biais cognitifs, cadence de traitement élevée dans les centres de vérification… autant de facteurs qui peuvent laisser passer une vidéo truquée. D’autant plus que le réalisme des deepfakes récents peut tromper un œil non spécialiste, en particulier lorsque la qualité de l’image est dégradée.

    Synacktiv appelle à une adaptation rapide des méthodes de détection.

    Les référentiels comme le PVID sont réguliers dans leur mise à jour, l’Anssi intégrant les nouvelles menaces identifiées lors des audits.

    Mais l’étude suggère que la parade pourrait, paradoxalement, devoir venir de l’IA elle-même.
    Les chercheurs évoquent la piste de systèmes de détection eux-mêmes fondés sur des modèles génératifs capables de repérer les artefacts invisibles à l’œil humain. Ou le recours accru à des services d’identité numérique tiers comme Yoti.

    En attendant, la démonstration de Synacktiv rappelle une réalité inconfortable pour l’ensemble des acteurs du numérique. A mesure que l’IA générative gagne en réalisme, la confiance accordée à une vidéo, pierre angulaire de nombreux dispositifs de sécurité, devient elle-même une vulnérabilité.

    Image : © Synacktiv

    The post Vérification d’identité : quand l’IA générative passe entre les mailles appeared first on Silicon.fr.

  • Thursday 16 July 2026 - 13:21
    from Silicon

    Airbus a sélectionné Scaleway comme fournisseur d’une infrastructure cloud destinée à moderniser certaines applications métiers tout en intégrant des capacités dédiées à l’intelligence artificielle.

    Airbus avait lancé un appel d’offres pour identifier un fournisseur capable de combiner des capacités cloud performantes, un contrôle opérationnel européen, une sécurité juridique et une autonomie stratégique pour ses applications sensibles et ses données industrielles.

    Scaleway fournira une plateforme pour prendre en charge des applications couvrant la conception des aéronefs, l’ingénierie, la production industrielle et les opérations de l’entreprise.

    Selon Airbus, l’hébergement de ces systèmes dans un environnement cloud européen doit renforcer la protection de sa propriété intellectuelle et de ses données industrielles, tout en assurant la continuité de ses opérations aéronautiques à l’échelle mondiale.

    « Le fait que les modèles Mistral soient déjà déployés sur l’infrastructure Scaleway nous permettra d’accélérer notre approche en matière d’IA », a déclaré Catherine Jestin, directrice du numérique chez Airbus.

    Airbus migrera environ 70 applications critiques vers Scaleway d’ici fin 2028. Au maximum, le programme pourra couvrir jusqu’à 900 applications au cours des cinq à six prochaines années.

    The post Airbus choisit Scaleway comme fournisseur de cloud appeared first on Silicon.fr.

  • Thursday 16 July 2026 - 12:34
    from Silicon

    Enregistré le 8 juillet à la présidence du Palais Bourbon, le rapport de la commission d’enquête « sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique et les risques pour l’indépendance de la France » ne révolutionne pas le genre sur le plan conceptuel.

    La souveraineté numérique française, on en parle depuis le rapport Longuet du Sénat en 2019, puis depuis celui de Philippe Latombe ; précisément le président de cette nouvelle commission  en 2021. Mais en 2026, c’est le contexte plus que la nouveauté du diagnostic, qui donne au document toute sa charge politique.

    L’électrochoc MAGA

    Le président Latombe,  député du groupe Les Démocrates de la 1ère circonscription de Vendée, ne s’en cache pas dans son avant-propos : il regrette « qu’il ait fallu attendre l’ère MAGA » pour qu’un electrochoc collectif se produise.

    Le rapport situe la rupture au second mandat de Donald Trump, entamé en janvier 2025, qui a fait voler en éclats le cadre de coopération transatlantique hérité de l’après-guerre. La stratégie de sécurité nationale américaine publiée début décembre y désigne l’Union européenne comme un obstacle aux intérêts américains. Par ailleurs, des dirigeants puissants de  la tech, comme Elon Musk ou le patron de Palantir Alex Karp, ont basculé du rôle de chefs d’entreprise à celui d’acteurs politiques assumés.

    Le document pointe le blocage, sur décision du gouvernement américain, de l’accès aux modèles d’Anthropic comme une démonstration que « le kill switch n’est plus seulement une hypothèse mais une réalité ». Autrement dit : un outil numérique dont dépend une administration, une entreprise ou un État peut, du jour au lendemain, lui être retiré sur simple décision politique étrangère.

    Une dépendance chiffrée à 1,5 milliard €

    Selon l’Ugap (l’Union des groupements d’achats publics), les acteurs américains représentent près de 80 % des achats logiciels des cinquante plus gros fournisseurs de l’administration française. Les dépenses des administrations publiques, collectivités comprises, vers des acteurs extra-européens sont évaluées à 1,5 milliard € dont un milliard jugé directement substituable par des alternatives existantes.

    À l’échelle des entreprises privées, la facture grimpe à 264 milliards € de logiciels et services cloud achetés par les Européens aux entreprises américaines.

    Trois fournisseurs concentrent l’essentiel de la dépendance logicielle des administrations : Microsoft, VMware et Oracle.

    Le rapport détaille aussi une fragilité côté données personnelles. Au second semestre 2025, le gouvernement américain a adressé plus de 5 500 demandes de divulgation de données à Microsoft et plus de 60 000 à Google qui y a donné une suite favorable dans 89 % des cas.

    Sur l’intelligence artificielle et les data centers, le rapport relève que RTE a réservé 15 gigawatts de capacité de raccordement électrique pour des projets de data centers, soit 24 % de la puissance du parc nucléaire français.

    Selon l’analyse de la commission, l’essentiel profiterait à des hyperscalers américains ou à d’autres acteurs extra-européens, contre seulement 1,4 GW pour des opérateurs strictement européens.

    29 propositions pour reprendre la main

    Le document distingue des recommandations, jugées consensuelles et d’application rapide, et 29 propositions plus structurantes portées par la rapporteure.

    Plusieurs axes se dégagent.

    Miser sur l’open source comme alternative industrielle.

    Le rapport propose de créer une fondation France Libre Open Source (Flos) chargée de pérenniser les briques open source utilisées par l’État, adossée à un fonds (baptisé Logic) venant compléter le Sovereign Tech Fund européen. L’open source deviendrait obligatoire dans les marchés publics d’ici le 1er janvier 2030, et les dépenses des collectivités territoriales dans ce domaine seraient comptabilisées en investissement plutôt qu’en fonctionnement.

    Sortir l’école de l’emprise de Microsoft.

    La proposition n°5 est sobrement intitulée « Objectif zéro Microsoft dans les écoles ». Elle est accompagnée d’une modification du code de l’éducation pour intégrer l’enseignement des logiciels libres ; le rapport pointant l’ancrage précoce des habitudes numériques chez les élèves comme un facteur clé de la dépendance de long terme.

    Verrouiller la continuité de service.

    Le texte propose de généraliser les clauses d’entiercement dans les contrats publics afin que l’État conserve l’accès aux éléments techniques indispensables en cas de défaillance d’un prestataire.
    Solution plus radicale, une « clause de souveraineté finale » imposerait, pour les fournisseurs jugés structurants, la rétrocession à l’État des éléments nécessaires au fonctionnement du logiciel en cas de revente.

    Encadrer les pépites frnçaises de l’IA.

    Le rapport suggère que l’État puisse détenir des actions spécifiques (golden shares) dans Mistral AI et ChapsVision ouvrant un droit de blocage sur certaines décisions capitalistiques stratégiques. Il propose aussi le remboursement des aides publiques (aide à l’amorçage, crédit d’impôt recherche) en cas de vente rapide d’une start-up française à un acteur extra-européen.

    Un moratoire sur les data centers

    Freiner la course aux data centers.

    Face à la concentration des capacités électriques réservées au profit d’acteurs étrangers, la commission propose un moratoire sur les projets de data centers ne répondant pas à un impératif de souveraineté, assorti d’un contrôle public renforcé de leur déploiement.

    Muscler l’arsenal juridique et institutionnel.

    Le rapport plaide pour l’activation du règlement de blocage européen et, si nécessaire, de l’instrument anti-coercition face à l’application extraterritoriale du droit américain. Il recommande la création d’une procédure de recours collectif au titre du RGPD  et d’un véritable ministère du numérique de plein exercice doté d’une autorité interministérielle aux prérogatives renforcées. Il serait complété par une délégation parlementaire dédiée au numérique.

    Fruit d’un travail consensuel entre groupes politiques que tout oppose par ailleurs, de LFI aux Républicains, le rapport doit désormais alimenter deux rendez-vous législatifs annoncés pour l’automne et l’hiver. D’abord l’examen du projet de loi sur la résilience des infrastructures critiques et la cybersécurité qui est attendu à partir du 21 septembre. Ensuite, le projet de loi de finances pour 2027.

    The post Open source, moratoire sur les data centers…29 propositions pour reconquérir la souveraineté numérique appeared first on Silicon.fr.

  • Thursday 16 July 2026 - 09:54
    from Silicon

    Avec Sophos Fusion, les choses changent… mais essentiellement sous le capot.

    Pas de nouveau produit, ni de nouvelle licence : c’est avant tout un rebranding de la console Sophos Central. Il est censé refléter l’évolution de l’architecture sous-jacente, autour d’un lac de données unifié. Sophos parle de « context lake » et promet, par là même, des capacités d’orchestration agentique.

    Sophos Fusion concrétise aussi, à en croire l’éditeur britannique, l’intégration de Secureworks (acquis début 2025). Un chantier qui lui a valu de détourner en partie sa R&D du cœur de son offre.

    Les offres Sophos MDR, XDR et Next-Gen SIEM seront les premières à basculer sur l’architecture Fusion, au mois d’août.

    Sophos Central s’appelait ainsi depuis 2016. Sophos Cloud était la marque initiale.

    À consulter en complément :

    Un premier « ransomware agentique » repéré dans le cyberespace
    Protection des terminaux : des écarts se créent sur le cœur des offres
    Les bug bountys, saturés par les agents IA
    Threat intelligence : l’automatisation morcelle le marché

    Illustration générée par IA

    The post Sophos Fusion : un rebranding pour un tournant agentique appeared first on Silicon.fr.

  • Wednesday 15 July 2026 - 15:57
    from Silicon

    Le CRA y ouvre la voie, comme le futur CADA : l’UE doit accroître son empreinte dans la gouvernance des fondations open source.

    La Commission européenne a récemment formalisé cet objectif. L’essentiel des ressources de ces organismes proviennent aujourd’hui des États-Unis et de Chine, reconnaît-elle.

    La fondation OpenClaw en est un exemple. Elle avait commencé à se structurer lorsque le créateur du projet éponyme avait rejoint OpenAI. C’était en février 2026. Aujourd’hui, elle a un statut juridique (organisation à but non lucratif de droit américain), des sponsors financiers et une équipe à temps plein.

    L’essentiel des 10 membres de cette équipe sont localisés en Amérique du Nord et ont fait leur carrière sur place. Parmi eux, il y a, côté technique, Patrick Erichsen et Dallin Romney, cofondateurs de Continue Dev (acquis par Cursor). Sur l’opérationnel, on peut citer :

    • Jennifer Vescio (directrice des partenariats), ancienne directrice bizdev d’ESPN, d’eBay, de Verizon puis d’Uber
    • Matthew Jasie (directeur financier), qui a occupé des postes à responsabilités dans le monde universitaire, puis dans une filiale d’Havas et chez Jabra, entre autres
    • Kelly Pike (directrice ressources humaines), qui s’est occupée du recrutement dans plusieurs organisations après avoir été responsable PME puis secteur public chez Lenovo

    Un écosystème entre l’Amérique du Nord et l’Asie

    La fondation OpenClaw cherche d’autres profils pour son équipe technique, à 200-300 k$ par an. Elle propose la même fourchette de rémunération pour des forward-deployed engineers. Et un peu plus pour des product designers (250-350 k$).

    Des postes sont également ouverts pour s’occuper des relations développeurs en Amérique du Nord et en Asie-Pacifique. Mais pas en Europe.

    Même « tendance géographique » chez les organisations que représentent les 28 gestionnaires (maintainers) actuels d’OpenClaw. Ils sont 4 à travailler pour Microsoft, autant pour NVIDIA. On en trouve 3 d’OpenAI comme de Tencent. Deux sont de la maison Atlassian. Xiaomi, Red Hat et Hugging Face, notamment, comptent un représentant.

    Microsoft, NVIDIA et OpenAI sont sponsors financiers de la fondation, à l’instar de l’université du Michigan. Le premier s’est appuyé sur OpenClaw pour lancer l’assistant IA Scout. Le deuxième a développé NemoClaw, qui associe ses modèles Nemotron à un runtime maison (OpenShell) doté de primitives de sécurité spécifiques. Le troisième a constitué une équipe interne dite Claw Labs, sous la responsabilité du fondateur d’OpenClaw.

    La sécurité, chantier prioritaire d’OpenClaw

    Tencent a travaillé en particulier sur la sécurité d’OpenClaw. C’est une priorité du projet, fortement décrié – voire déconseillé – pour ce motif. Afin de réduire la surface d’attaque, des travaux d’allégement du cœur fonctionnel ont été engagés, diverses capacités étant déportées dans des modules complémentaires.

    Le registre ClawHub a lui aussi été « durci ». Un agent Codex évalue désormais chaque skill publiée, en s’appuyant sur trois scanners. En l’occurrence :

    • Une analyse statique « maison »
    • VirusTotal pour la détection des malwares
    • NVIDIA SkillSpector pour de l’analyse sémantique (détection des instructions cachées, des chemins de code risqués, etc.)

    Un système de packages officiels est par ailleurs à l’étude. Tout comme une liste d’« éditeurs de confiance » (trusted publishers) et l’intégration d’un signal de confiance fondé sur l’usage de fs-safe.

    En attendant, OpenClaw a renforcé la vérification des commandes shell, en intégrant l’évaluation des wrappers -c pour détecter les chaînes contenant des exécutables. Il a aussi intégré un proxy pour contrôler plus finement les URL sortantes.

    Illustration générée par IA

    The post Fondation OpenClaw : l’Europe largement exclue de la gouvernance appeared first on Silicon.fr.

  • Wednesday 15 July 2026 - 15:14
    from Silicon

    Pendant des années, le cloud a été présenté comme une trajectoire presque évidente : il fallait migrer, quitter progressivement les infrastructures privées pour rejoindre le cloud public.

    Cette opposition a perdu de sa pertinence à mesure que les systèmes d’information se sont complexifiés et que les enjeux de souveraineté, de sécurité et d’innovation se sont rapprochés.

    Dans ce contexte, l’hybridation ne relève pas d’un compromis prudent entre l’ancien et le nouveau monde ; elle traduit une approche plus fine, consistant à admettre que tous les usages n’ont pas vocation à être traités dans le même environnement.

    Pour les dirigeants, le sujet n’est donc plus de choisir un camp entre cloud privé et cloud public, mais de construire une trajectoire permettant d’accéder aux technologies avancées sans perdre la main sur les données et les dépendances.

    Diversification des fournisseurs et maîtrise : deux logiques distinctes

    La confusion entre multicloud et cloud hybride reste fréquente. Le multicloud répond le plus souvent à une logique de diversification : multiplier les fournisseurs, éviter de mettre tous ses œufs dans le même panier, accéder à des services complémentaires ou conserver un levier de négociation.

    Cette approche peut être utile, mais elle ne garantit pas, à elle seule, davantage de liberté. L’idée selon laquelle des workloads pourraient être déplacés simplement d’un opérateur à un autre reste théorique : les plateformes ont leurs adhérences techniques, tandis que les contrats créent des dépendances économiques.

    L’hybridation répond à une logique différente : choisir le bon environnement pour le bon usage, selon la criticité des données et le niveau de confiance requis, au lieu de faire se confronter plusieurs clouds entre eux.

    L’IA impose un arbitrage entre puissance et protection des données

    L’essor de l’IA rend ces arbitrages plus concrets. Les infrastructures nécessaires, notamment autour des GPU, sont coûteuses, évoluent rapidement et s’amortissent sur des cycles courts. Pour une entreprise dont le métier n’est pas l’informatique, financer seule des infrastructures GPU et des capacités de calcul qui évoluent aussi vite peut difficilement constituer une stratégie durable.

    Pour autant, l’accès à ces capacités devient indispensable. Les organisations veulent développer des modèles, traiter des données et créer de nouveaux services, mais toutes les données ne peuvent pas être exposées dans n’importe quel environnement, surtout lorsqu’elles relèvent d’activités sensibles ou régulées.

    C’est là que l’hybridation prend tout son sens : certaines entreprises ont déjà lancé des usages data ou IA sur des plateformes cloud américaines et cherchent à replacer une partie de ces applications dans un environnement de confiance ; d’autres, notamment dans la banque, ont peu migré vers le cloud public, mais doivent trouver des capacités complémentaires à leur cloud privé.

    L’enjeu reste le même : accéder à l’innovation sans abandonner la maîtrise.

    De l’usage sensible au périmètre de confiance

    C’est précisément lorsque les usages touchent à la data, à l’IA ou à des environnements régulés que la notion de confiance cesse d’être théorique. Parce qu’elle va au-delà de la simple localisation des données, elle doit s’appuyer sur des garanties vérifiables, qu’il s’agisse des exigences HDS pour certains usages de santé ou de SecNumCloud pour les environnements les plus sensibles, auxquelles s’ajoutent la protection contre certains risques d’extraterritorialité, la sécurité et la réversibilité.

    Cette réversibilité ne peut pas être seulement une clause dans un contrat. Elle dépend des choix d’architecture, des licences, des composants utilisés et de la capacité de l’organisation à comprendre ce qu’elle confie à ses fournisseurs, car externaliser n’a jamais signifié renoncer à maîtriser.

    Cette logique de confiance n’implique pas de tourner le dos aux grandes plateformes cloud. Elle conduit plutôt à mieux qualifier leur rôle dans l’architecture globale. Les hyperscalers conservent une place majeure pour de nombreux services industrialisés, et les grandes organisations continueront naturellement à s’appuyer sur eux pour une partie de leurs usages.

    Mais ce modèle n’a pas vocation à couvrir toutes les situations. Pour les usages sensibles, régulés ou critiques, le cloud hybride permet de composer plusieurs environnements sans opposer innovation et maîtrise.

    *Eric Haddad est CEO de Numspot

    The post Cloud hybride : une décision de maîtrise, pas un choix technique  appeared first on Silicon.fr.

  • Wednesday 15 July 2026 - 12:30
    from Silicon

    La Commission européenne hausse le ton. Elle vient de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’un recours contre quatre États membres ( la France, l’Espagne, l’Irlande et les Pays-Bas ) pour défaut de transposition de la directive NIS 2 sur la sécurité des réseaux et des systèmes d’information.

    Une procédure qui pourrait coûter cher à Paris.

    Bruxelles avait fixé l’échéance de transposition dans les droits nationaux au 17 octobre 2024. Un délai que la France, comme trois de ses partenaires européens, n’a pas respecté.

    La procédure ne date pourtant pas d’hier. Elle a été enclenchée dès le 28 novembre 2024, à l’origine à l’encontre de 23 pays de l’Union. Depuis, 19 d’entre eux ont régularisé leur situation, après avoir reçu mises en demeure et avis motivés de la part de la Commission.

    Il ne reste donc plus que quatre mauvais élèves, dont la France, qui s’exposent désormais à un passage devant les juges de Luxembourg.

    Un désaccord sur les portes dérobées

    Attendu à l’ordre du jour de la session parlementaire extraordinaire de juillet, le Projet de loi relatif à « la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité » qui porte la transposition de NIS 2 en droit français n’y figure pas.

    Cet énième report déplace la discussion en septembre.

    Le blocage hexagonal ne relève pas d’un simple retard administratif. Il tient à un désaccord de fond sur l’article 16 du projet de loi, censé inscrire dans la loi française l’interdiction, pour les fournisseurs de services de chiffrement, d’intégrer des portes dérobées (backdoors) dans leurs produits.

    Un point sensible pour certains parlementaires, députés comme sénateurs, qui redoutent qu’une telle interdiction n’entrave la capacité des services de renseignement français à accéder, de manière ciblée et sous contrôle judiciaire, aux communications chiffrées d’individus placés sous surveillance.

    Signe que le sujet inquiète jusqu’au sein des autorités françaises elles-mêmes ; Vincent Strubel, directeur général de l’Anssi, a regretté devant le Sénat l’absence de transposition de NIS 2.  Tout en rappelant que ce retard ne dispensait pas les entreprises et les collectivités de se préparer dès à présent aux nouvelles exigences.

    « L’incertitude réglementaire perturbe la commande cyber et ralentit les décisions d’investissement. Elle impacte l’ensemble des organisations, y compris celles déjà soumises à des cadres réglementaires, dans la mesure où NIS2 élargit significativement les périmètres et les niveaux d’exigence. » regrette Fabrice Bru, le Président du CESIN, première association française des RSSI.

    Amende forfaitaire et astreintes journalières à la clé

    C’est là que le bât blesse pour les finances publiques. Dans le cadre de sa saisine de la CJUE, la Commission européenne demande explicitement à la Cour d’imposer des sanctions financières. Soit une somme forfaitaire assortie d’astreintes journalières qui continueraient de courir jusqu’à la notification d’une transposition complète du texte. Autrement dit, plus le gouvernement tarde, plus la facture s’alourdit.

    Reste désormais à l’exécutif de trancher entre le maintien de sa position sur le chiffrement et le risque de voir la France condamnée à payer, chaque jour, le prix de son inaction législative.

    The post Ce que risque la France pour ne pas avoir transposé NIS 2 appeared first on Silicon.fr.