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Qui était le Marquis de sade ?

Un personnage connu que ce Marquis de Sade, très souvent cité, très souvent nommé ou évoqué, mais finalement qui était-il en réalité et, surtout, pourquoi semble-t-il avoir une telle réputation pour avoir laissé dans la langue française un dérivé aussi évocateur de son nom de famille ?

Donatien Alphonse François de Sade - Comte et Marquis.

Oui, connu sur différentes appellations, Sade, Comte de Sade, Marquis de Sade, Le Divin Marquis, né dans une famille d'ancienne noblesse provençale, Donatien Alphonse François fait ses études à Paris au collège Louis-le-Grand (1750-1754), puis sert dans l'armée durant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Démobilisé en 1763 avec le grade de capitaine de cavalerie, il s'installe dans le château familial de Lacoste, dans le Vaucluse, où il épouse Renée-Pélagie de Montreuil (1741-1810), issue de la petite noblesse de robe. Ses débauches (flagellation, sacrilège, sodomie homosexuelle [passible de mort à l'époque]) lui valent des emprisonnements successifs (1763, 1768, 1772). Condamné à mort par le parlement d'Aix-en-Provence, réfugié en Italie, il est arrêté de nouveau en 1777, incarcéré à Vincennes, puis à la Bastille (1784-1789). Il écrit alors ses premiers ouvrages : Dialogue entre un prêtre et un moribond (1782), les Cent Vingt Journées de Sodome (1782-1785), Aline et Valcour (1786-1788, publié en 1795) et les Infortunes de la vertu (1787).
Transféré à l'hospice de Charenton, Sade est libéré en 1790 – année où, à peine divorcé, il s'installe avec Marie-Constance Quesnet, une comédienne qui restera à ses côtés jusqu'à sa mort. Il milite alors à la section révolutionnaire parisienne des Piques, dont il devient le président (1793). Il poursuit son œuvre romanesque avec Justine ou les Malheurs de la vertu (1791) et compose pour le théâtre des drames moraux, Oxtiern ou les Malheurs du libertinage (1791), le Suborneur (1793). Affirmant ses positions jacobines dans un Discours aux mânes de Marat et Le Peletier (id.), il est emprisonné pour modérantisme – terme qui désigne l'attitude des modérés pendant la Terreur –, avant d'être sauvé par la chute de Robespierre, puis libéré (1794). Il publie la Philosophie dans le boudoir (1795) et la Nouvelle Justine ou les Malheurs de la vertu, suivie de l'Histoire de Juliette, sa sœur, ou les Prospérités du vice (1797). Le scandale déclenché par ce dernier roman provoque de nouveau son arrestation, en 1801, lors de la remise en ordre politique et morale entreprise par Bonaparte au moment de la signature du Concordat.
Incarcéré d'abord à Sainte-Pélagie, Sade est de nouveau transféré à Charenton en 1803, organisant des représentations théâtrales avec les pensionnaires, rédigeant ses derniers romans : les Journées de Florbelle (1804-1807), l'Histoire secrète d'Isabelle de Bavière (1813), la Marquise de Gange (publié en 1813). Mort à 74 ans, un an après avoir entamé une liaison avec une jeune fille de 16 ans, il est enterré religieusement, contrairement aux souhaits formulés dans son testament...
Sade
Sade : son œuvre et sa vie

L’œuvre du Marquis de Sade.

Contestée, vilipendée, sujette à procès, l'œuvre du marquis de Sade fut longtemps considérée uniquement sous l'angle du sadisme. Plus fondamentalement, elle forme le double névrotique et subversif des philosophies naturalistes et libérales du siècle des Lumières.
Sade n’est pas, loin s’en faut, qu’un libertin débauché, il est aussi un écrivain de génie. Une carrière tardive et essentiellement clandestine. S’il écrit "Les cent Vingt Journées de Sodome" en 1785 alors qu’il est emprisonné à la Bastille, son premier ouvrage publié est "Justine ou les malheurs de la vertu" en 1791 alors que Sade a déjà plus de 50 ans.
Les romans de Sade, certains diront les " écrits subversifs ", se présentent souvent comme une succession de tableaux d’une cruauté presque insoutenable, alternant avec les longues dissertations morales ou métaphysiques que l’auteur place dans la bouche de ses héros. L’art romanesque reste dans la continuité de l’époque : c’est en effet davantage par la nature de son propos que Sade a rompu avec toute tradition.
Sade, évidemment, tant il a été lu aussi bien par des amateurs de romans et d’autres de philosophie, des pornographes et des juges, des curés et des adeptes du SM, des surréalistes si chastes… qu’il est utile de le saisir à nouveau.
Alors Sade, évidemment, mais en tentant de le dessiner par la lecture de ses procès, qu’ils soient liés à des agissements charnels ou livresques. Le récit de la chronique judiciaire et de l’histoire de la censure est une clé qui convient pour entrouvrir tant de portes.
Surnommé le " divin marquis ". Il est un des rares auteurs dont chacun se fait une idée sans même lire ses œuvres ou connaître sa biographie.
À partir des années 30 du siècle dernier, Georges Bataille, Maurice Blanchot et Pierre Klossowski commencèrent à défendre les œuvres de Sade, qui circulaient dans la clandestinité. Au détriment des études précises concernant sa vie, ils ont élevé la pensée de Sade au rang d’un symbole de la Révolution ...
Tous les personnages sadiens se précipitent vers l’espace de la douleur qui s’oppose aux registres du confort et du plaisir. Il ne s’agit pas seulement de victimes qui se soumettent à la douleur morale et physique : il y a aussi des bourreaux qui se font volontairement souffrir dans leur débauche. Certains se donnent exactement la même douleur que celle qu’ils donnent à leurs victimes. C’est le cas de Roland dans Justine et les malheurs de la vertu. Sa passion consiste à jouir en regardant une femme s’asphyxier au bout d’une corde. Avant de s’évader avec sa fortune, il tente personnellement une expérience de pendaison. Il explique la raison pour laquelle il est passionné par cette pratique : « C’est le même plaisir que je me plais à faire goûter aux femmes qui me servira de punition ; je suis convaincu que cette mort est infiniment plus douce qu’elle n’est cruelle ; mais comme mes victimes n’ont jamais voulu être vraies avec moi, c’est sur mon propre individu que j’en veux connaître la sensation […] essayons donc. Tu me feras tout ce que je t’ai fait ; je vais me mettre nu ; je monterai sur le tabouret, tu lieras la corde, je m’exciterai un moment, puis dès que tu verras les choses prendre une sorte de consistance, tu retireras le tabouret, et je resterai pendu ...
La douleur est un objet qui cause toute la passion perverse de Roland. Objet réellement séparé du sujet puisque localisé dans l’autre mais restant étrangement lié à l’intime du sujet. C’est pour cela qu’un étrange chiasme se produit entre le bourreau et la victime. Justine se place dans la position de Roland afin de lui faire éprouver la douleur qu’elle avait éprouvée. Dans sa propre tentative, Roland n’a plus besoin de passer par sa victime pour éprouver indirectement la douleur, car la douleur en question n’est plus localisée chez la victime : elle se situe bel et bien en lui pour l’éprouver à l’intérieur de son corps propre.
Nous assistons à une économie singulière dans laquelle on partage un affect qu’on ne peut pas partager. La douleur est en effet habituellement considérée comme une expérience intime. Or, chez Sade, la douleur de l’autre-corps est aussi intime que celle du corps propre ; elle est extérieurement intérieure au corps du sujet sadien. Lacan a bien repéré cette étrange douleur chez Sade : « Qu’est-ce que Sade nous montre à l’horizon [quand il ouvre toutes les vannes de désir] ? Essentiellement, la douleur. La douleur d’autrui, et aussi bien la douleur propre du sujet, car ce ne sont à l’occasion qu’une seule et même chose.
Quelle étrange topologie de la jouissance du sujet sadien. Il pourrait trouver son intimité chez l’autre.
Ainsi, il y a chez Sade le perspectivisme des pensées plurielles et le partage de la douleur corporelle. Le premier concerne la tentative d’imaginer la pensée de l’autre à la place de cet autre, le second concerne la tentative de vivre la douleur de soi à la place de l’autre ou bien celle de vivre la douleur de l’autre à sa propre place ; le premier est excentrique et le second concentrique ...

Bibliographies des divers écrits de Sade.

- Œuvres clandestines.
( wikipedia )
Publiées sous le voile de l'anonymat, objets de scandale dès leur parution, interdites jusqu'en 1960, elles sont à l'origine de la renommée de leur auteur et lui valent ses dernières années d'emprisonnement. Publiquement, Sade a toujours soutenu opiniâtrement qu'elles n'étaient pas de sa plume.
* - Justine ou les Malheurs de la vertu, publié en 1791 (la trame originale est celle du conte Les Infortunes de la vertu, rédigé en 1787).
* - La Philosophie dans le boudoir, publié en 1795.
* - La Nouvelle Justine, suivi de l’Histoire de Juliette, sa sœur (également titré Histoire de Juliette, ou les Prospérités du vice), et leurs cent et une gravures, la plus importante et la plus radicale des œuvres publiées de son vivant (publication de 1799 à 1801).
* - Les Cent Vingt Journées de Sodome, manuscrit disparu à la prise de la Bastille. Iwan Bloch, un psychiatre allemand, l'imprime en 1904, cette édition est défectueuse. L'édition de référence par Maurice Heine paraît en 1931-1935.
Le manuscrit des Journées de Florbelle ou la Nature dévoilée, important récit en dix volumes in-4° rédigé à Charenton, terminé le 29 avril 1807, sera saisi par la police lors d'une perquisition le 5 juin dans l'appartement de Constance Quesnet. Après la mort du marquis sur ordre du préfet de police Delavau et la requête de son fils Claude-Armand, tout ce qui a été saisi à plusieurs reprises à Charenton est brulé dans la cour de la préfecture. Seuls 17 feuillets de remarques de Sade sur son récit ont échappés à la destruction et ont pu être photographiés par Maurice Heine, qui a fait don de sa reproduction au département des Manuscrits de la BNF.
- Œuvres officielles.
* - Le Comte Oxtiern ou les Effets du libertinage. ( théatre )
* - Aline et Valcour publiée en 1795.
* - Pauline et Belval, ou les Victimes d'un amour criminel.
* - La Rose, romance chantée. ( chanson )
* - Les Crimes de l'Amour publiée en 1800.
* - La Marquise de Gange, roman historique.
** -  de très nombreux autres textes, politiques ceux-ci publiés de 1791 à 1793 marquent l'engagement de sade en tant que " rédacteur de la Section des Piques " ...
* moins connus et non publiés de son vivant :
- dialogue entre un prêtre et un moribond
- Histoire secrète d'Isabelle de Bavière, reine de France.
- Adélaïde de Brunswick, princesse de Saxe.
......

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